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0 LIVRE XV.
Août I 802 . remarquable. Le Premier Consul, comme nous l’avons rap-porté , au moment de la signature des préliminaires de Lon-dres , n’avait garde de changer un tel état de choses, et derenouveler les maux qui étaient résultés du traité de 1786.Les importations anglaises étaient par conséquent rendues fortdifficiles, et le commerce de la Cité de Londres s'en plaignaitA rtes' te vivement. Cependant il restait la contrebande, qui se faisait‘"anglaises? 8 dans de très-grandes proportions, soit par les frontières de laBelgique, encore mal gardées, soit par la voie de Hambourg.Les négociants de cette dernière place, en introduisant les mar-chandises anglaises sur le continent, et en dissimulant leurorigine, leur ménageaient le moyen de pénétrer tant en Franceque dans les pays placés sous notre domination. Malgré lesprohibitions légales qui attendaient les produits britanniquesdans nos ports, la contrebande suffisait donc pour leur créerdes débouchés. Les manufactures de Birmingham et de Man-chester étaient en assez grande activité,inaction Cette activité, le bas prix du pain, la suppression annoncéemécontentement je \’income tax, étaient des sujets de satisfaction qui contre-commerce. balançaient jusqu’à un certain point le mécontentement duhaut commerce. Mais ce mécontentement était grand, car lehaut commerce profitait peu des spéculations fondées sur lacontrebande. Il trouvait la mer couverte de pavillons rivauxou ennemis ; il était privé du monopole de la navigation quelui avait procuré la guerre, et n’avait plus pour se dédom-mager les grosses opérations financières de M. Pitt. Aussi seplaignait-il assez haut des illusions de la politique de la paix,de ses inconvénients pour l’Angleterre, de ses avantages ex-clusifs pour la France. Le désarmement de la flotte laissantoisifs un très-grand nombre de matelots, que le commercebritannique dans son état présent n’était pas capable d’em-ployer, on voyait ces malheureux errant sur les quais de laTamise, quelquefois même réduits à la misère : spectacleaussi affligeant pour les Anglais, qu’aurait pu l’être pour les