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[Vol. 2.]
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LES SÉCULARISATIONS.

Français la vue des vainqueurs de Marengo ou de Hohenlindenmendiant leur pain dans les rues de Paris.

M. Addington, toujours animé de dispositions amicales,avait fait sentir au Premier Consul la nécessité de trouver desarrangements commerciaux qui satisfissent les deux pays, etsignalé ce moyen comme le plus capable de consolider la paix.Le Premier Consul, partageant les dispositions de M. Adding-ton, avait consenti à nommer un agent, et à l’envoyer à Lon-dres, afin de chercher, de concert avec les ministres anglais,quelle serait la manière d’ajuster les intérêts des deux peu-ples , sans sacrifier l’industrie française.

Mais c’était là un problème difficile à résoudre. L’empres-sement de l’opinion publique était tel à Londres pour tout cequi concernait ces arrangements commerciaux, qu’on fit grandbruit de l’arrivée de l’agent français. 11 se nommait Coquebert;on l’appela Colbert; on dit qu’il descendait du grand Colbert,et on loua fort la convenance d’un tel choix, pour la conclu-sion d’un traité de commerce.

Malgré la bonne volonté et la capacité de cet agent, un ré-sultat heureux de ses efforts n’était guère à espérer. De partet d’autre les sacrifices à faire étaient grands, et presquesans compensation. Le travail du fer et le travail du cotonconstituent aujourd’hui les plus riches industries de laFrance et de l’Angleterre, et sont le principal objet de leurrivalité commerciale. Nous avons réussi, nous Français, àforger le fer, à filer et tisser le coton, en immense quantité, àtrès-bas prix, et naturellement nous sommes peu disposés àsacrifier ces deux industries. Le travail du fer n’était pas alorstrès-considérable. C’était surtout dans le tissage du coton etdans les ouvrages de quincaillerie que les deux nations cher-chaient à rivaliser. Les Anglais demandaient qu’on ouvrît nosmarchés à leurs cotons et à leur quincaillerie. Le PremierConsul, sensible aux alarmes de nos fabricants, impatientde développer en France la richesse manufacturière, se re-

Août 1802.

Difficultés

d’un

arrangementcommercialentre la Franceet

l’Angleterre.