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[Vol. 2.]
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LES SÉCULARISATIONS.

II

Ces paroles de M. Addington étaient sincères, et il en don-nait du reste la preuve, en faisant les plus grandes diligencespour obtenir des puissances la garantie du nouvel état de cho-ses constitué à Malte par le traité d’Amiens. MalheureusementM. de Talleyrand, par une négligence qu’il apportait quelque-fois dans les affaires les plus graves, avait omis de donnerà nos agents des instructions relativement à cet objet, et illaissait les agents anglais solliciter seuls une garantie qui étaitla condition préalable de l’évacuation de Malte. Il en résultades lenteurs fâcheuses, et plus tard de regrettables conséquen-ces. M. Addington était donc de bonne foi, dans son désir demaintenir la paix. Moyennant qu’il ne fût pas vaincu par l’as-cendant de M. Pitt, on pouvait espérer de la conserver. MaisM. Pitt, hors du cabinet, était plus puissant que jamais. Tan-dis que MM. Dundas, Wyndham, Grenville, avaient publique-ment attaqué les préliminaires de Londres et le traité d’Amiens,il s’était tenu à l’écart, laissant à ses amis l’odieux de ces pro-vocations ouvertes à la guerre, profitant de leur violence, gar-dant un silence imposant, conservant toujours les sympathiesde la vieille majorité dont il avait eu l’appui pendant dix-huitannées, et l’abandonnant à M. Addington jusqu’au jour où ilcroirait le moment venu de la lui retirer. Il ne se permettaitau surplus aucun acte qui pût ressembler à une hostilité con-tre le ministère. Il appelait toujours M. Addington son ami;mais on savait qu’il n’avait qu’un signal à donner pour boule-verser le Parlement. Le roi le haïssait, et souhaitait son éloi-gnement ; mais le haut commerce anglais lui était dévoué, etn’avait de confiance qu’en lui. Ses amis, moins prudents qu’iln’était, faisaient à M. Addington une guerre non déguisée, eton les supposait les organes de sa véritable pensée. A cetteopposition tory se joignait, sans se concerter toutefois avecelle, et même en la combattant, la vieille opposition whig deMM. Fox et Sheridan. Celle - ci avait constamment demandéla paix. Depuis qu’on la lui avait procurée, elle obéissait à

Août 1802.

Situationmenaçantede M. Pittdans

le Parlement.