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LIVRE XV.

Août 1802. ver cet avantage. Dans un long entretien avec M. Otto, ilDispositions avait prononcé à ce sujet les paroles les plus sensées et les

pacifiques A

: * bi , net plus amicales. — Un traité de commerce, avait-il dit, seraitla garantie la plus sûre et la plus durable de la paix. En at-tendant qu’on puisse s’entendre à cet égard, quelques ména-gements du Premier Consul sur certains points, sont néces-saires pour maintenir le public anglais en bonne dispositionenvers la France. Vous avez réellement pris possession del’Italie en réunissant le Piémont à votre territoire, et en défé-rant au Premier Consul la présidence de la République ita-lienne ; vos troupes occupent la Suisse ; vous réglez en arbi-tres les affaires allemandes. Nous passons sur toutes ces ex-tensions de la puissance française ; nous vous abandonnons lecontinent. Mais il y a certains pays à propos desquels l’espritdu peuple anglais serait facile à échauffer : c’est la Hollande,c’est la Turquie. Vous êtes les maîtres de la Hollande; c’estune conséquence naturelle de votre position sur le Rhin. Maisn’ajoutez rien d’ostensible à la domination réelle que vousexercez actuellement sur cette contrée. Si vous vouliez,par exemple, y faire ce que vous avez déjà fait en Italie,en cherchant à ménager au Premier Consul la présidence decette république, le commerce anglais y verrait une ma-nière de réunir la Hollande à la France, et il concevrait lesplus vives alarmes. Quant à la Turquie, une nouvelle mani-festation quelconque des pensées qui ont produit l’expéditiond’Egypte, causerait en Angleterre une explosion soudaine etuniverselle. De grâce donc, ne nous créez aucune difficultéde cette nature; concluons un arrangement tel quel au sujetde nos affaires commerciales; obtenons la garantie des puis-sances pour l’ordre de Malte, afin que nous puissions évacuerl’IIe, et vous verrez la paix se consolider, et les derniers si-gnes d’animosité disparaître *. —

1 Ces paroles sont le résume’ exact de plusieurs entretiens, rapporte’sdans les dépêches de M. Otto.