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[Vol. 2.]
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LIVRE XV.

Août 180?.

Vacance duduché de l’arme,et

désir de la courd’Espagne d’a-jouter ce duchéau royaumed’Etrurie.

Espérancesdonnées parle PremierConsulà la courd’Espagne.

général Clarke de conseiller moins et plus doucement les jeu-nes infants appelés à régner. Par égard pour la cour d’Espagne,il avait laissé mourir en pleine jouissance du grand-duché deParme le vieux grand-duc, frère de la reine Louise. Mais ceprince mort, son duché appartenait à la France, en vertu dutraité qui constituait le royaume d’Etrurie. Charles IV et lareine son épouse le convoitaient ardemment pour leurs en-fants, car cet accroissement de territoire eût fait du royaumed’Etrurie le second État d’Italie. Le Premier Consul n’oppo-sait pas des refus absolus aux désirs de la famille royale d’Es-pagne, mais il demandait du temps, pour ne pas donner tropd’ombrage aux grandes cours, en faisant un nouvel acte detoute-puissance. En gardant ce duché en dépôt, il laissait auxcabinets qui protégeaient la vieille dynastie du Piémont l’espoird’un dédommagement pour cette dynastie malheureuse ; illaissait entrevoir au Pape une amélioration dans sa conditionprésente, qui était pénible depuis la perte des Légations; illaissait enfin reposer un moment les affaires d’Italie, tantremises sous les yeux de l’Europe depuis quelques années.Quoique différées, les nouvelles transactions au sujet de Parmeavaient bientôt ramené l’un vers l’autre les deux cabinets deParis et de Madrid. Charles IV venait, avec sa femme et sacour, de se rendre en pompe à Barcelonne, afin de célébrer undouble mariage, celui de l’héritier présomptif de la couronned’Espagne, depuis Ferdinand VII, avec une princesse de Na-ples, et celui de l’héritier de la couronne de Naples avec uneinfante d’Espagne. On étalait à cette occasion dans la capi-tale de la Catalogne un luxe extraordinaire, et beaucoup tropgrand pour l’état des finances espagnoles. De cette ville, onéchangeait les plus gracieux témoignages avec la cour consu-laire. Charles IV s’était empressé d’annoncer le double ma-riage de ses enfants au Premier Consul, comme à un souve-rain ami. Le Premier Consul avait répondu avec le mêmeempressement et sur le ton de la plus grande cordialité.