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LIVRE XV.
Août la». L’Église d’Italie restait à organiser d’accord avec le Pape.
Le Premier Consul demandait un Concordat pour la Répu-blique italienne. Mais, en cette occasion, le Pape ne voulutpas se laisser vaincre. La République italienne comprenait *les Légations, et c’eût été, suivant lui, reconnaître l’aban-don de ces provinces que de traiter avec la Républiquedont elles relevaient. Il fut convenu qu’on y suppléeraitau moyen d’une suite de brefs destinés à régler chaqueaffaire d’une manière spéciale. Enfin, Pie VII s’en rap-porta entièrement aux conseils du Premier Consul, pourla constitution définitive de l’ordre de Malte. Les prieuréss’étaient assemblés dans les diverses parties de l’Europe,afin de pourvoir à l’élection d’un nouveau grand - maître,et cette fois afin de faciliter l’élection, ils étaient convenusde s’en remettre au Pape du soin de la faire. Sur l’avis duPremier Consul, qui tenait à organiser l’ordre le plus tôtpossible, afin de lui transférer prochainement l’île de Malte, 1
le Pape choisit un Italien; ce fut le bailli Ruspoli, prince ro-main d’une grande famille. Le Premier Consul aimait mieuxun Romain qu’un Allemand ou un Napolitain. Le personnagenommé était d’ailleurs un homme sage, éclairé, digne del’honneur qu’on lui décernait. Seulement son acceptation pa-raissait peu probable. On se hâta de la lui communiquer enAngleterre, où il s’était retiré.
Les troupes françaises avaient évacué Ancône et le golfede Tarente. Elles étaient rentrées dans la République ita-lienne, qu’elles devaient occuper jusqu’à ce que cette Répu-blique eût formé une armée. Elles travaillaient aux routes desAlpes et aux fortifications d’Alexandrie, deMantoue, de Le-gnago, de Vérone, de Peschiera. Six mille hommes gardaient ,
l’Étrurie, en attendant un corps espagnol. Toutes les condi-tions du traité d’Amiens, relativement à l’Italie, étaient doncexécutées de la part de la France.
Tandis que les esprits commençaient à s’apaiser dans la