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[Vol. 2.]
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LES SÉCULARISATIONS.

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triche, d’Espagne et de Portugal de consentir à un ajourne- Août i&o>ment do leurs justes prétentions : ce qu’elles firent toutes troisavec beaucoup de grâce et d’empressement. On se plaisaitalors à satisfaire spontanément à des désirs que bientôt ilfallut exécuter comme des ordres.

Le Premier Consul consentit à donner le chapeau à M. doBayanne, depuis long-temps auditeur de rote pour la France,et doyen de ce tribunal. Il proposa ensuite au Pape M. deBelloy, archevêque de Paris; l’abbé Fesch, archevêque deLyon, et son oncle; M. Cambacérès, frère du second Consul, etarchevêque de Rouen; enfin, M. de Boisgelin, archevêquede Tours. A ces cinq choix, il aurait voulu en joindre unsixième, c’était celui de l’abbé Dernier, évêque d’Orléans, paci-ficateur de la Vendée, principal négociateur du Concordat.

Mais l’idée de comprendre, dans une promotion aussi écla-tante, un homme qui avait tant marqué dans la guerre civile,embarrassait fort le Premier Consul. Il s’en ouvrit au Saint-Père, et le pria de décider tout de suite que le premier cha-peau vacant serait donné à l’abbé Bernier, mais en gardantcette résolution, comme dit la cour de Rome, in petto, et enécrivant à l’abbé Bernier le motif de cet ajournement. C’estce qui fut fait, et ce qui devint un sujet de chagrin pource prélat, encore peu récompensé des services qu’il avaitrendus. L’abbé Bernier connaissait la bonne volonté du Pre-mier Consul à son égard, mais il souffrait cruellement del’embarras qu’on éprouvait à l’avouer publiquement : justepunition de la guerre civile, tombant du reste sur un hommequi, par ses services, méritait plus qu’aucun autre l’indulgencedu gouvernement et du pays.

Le Pape envoya en France un prince Doria pour porter labarrette aux cardinaux récemment élus. Dès ce moment, l’É-glise française, revêtue d’une si large part de la pourpre ro-maine , était l’une des plus favorisées et des plus éclatantesde la chrétienté.