LES SECULARISATIONS.
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Empereur, assiégeait toutes ces cours des plus vives instances : Août mil les suppliait de ne pas souffrir que la France, en consolidanten Suisse le régime révolutionnaire, soumit à son influenceune contrée qui était militairement la plus importante du con-tinent. Il avait aussi de grandes relations avec l’Angleterre.
Les bourgeois de Berne et de plusieurs cités souverainesavaient confié le capital de leurs économies municipales àla banque de Londres, conduite qui du reste leur faisait hon-neur, car, tandis que les villes libres, dans toute l’Europe,notamment en Allemagne, étaient perdues de dettes, les villesde la Suisse avaient amassé des sommes considérables. Legouvernement anglais, sous le prétexte de l’occupation fran-çaise, s’était sans scrupule emparé des fonds déposés. Depuisla paix, il ne les avait pas encore restitués. Les oligarques deBerne le suppliaient, s’il ne venait pas à leur secours, de re-tenir du moins les capitaux qu’ils avaient remis à la banquede Londres. Ils avaient confié environ dix millions à cettebanque, et deux à celle de Vienne.
Le parti révolutionnaire cherchait naturellement son appui Le parti révolu,auprès de la France, et il lui était facile de le trouver auprès 4 s ,’® p f“/,f c r e s,,rd’elle, puisque les armées françaises n’avaient pas cessé d’oc-cuper le territoire helvétique. Mais une pareille occupationne pouvait pas durer long-temps. Il fallait prochainementévacuer la Suisse, comme on avait évacué l’Italie. Bien quel’obligation d’évacuer l’une ne fût pas aussi formellement sti-pulée que l’obligation d’évacuer l’autre, cependant, le traitéde Lunéville garantissant l’indépendance de la Suisse, on pou-vait regarder l’exécution des traités comme imparfaite, et lapaix comme incertaine, tant que nos troupes ne s’étaient pasretirées. Aussi les observateurs politiques avaient-ils les yeuxparticulièrement fixés sur la Suisse, qui remuait, et sur l’Al-lemagne, où l’on partageait les territoires ecclésiastiques, pourvoir si l’essai de pacification générale, qu’on tentait en ce mo-ment, serait durable. Le Premier Consul avait pris la résolution