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LIVRE XV.
Août 1802 . bien formelle de ne pas compromettre la paix à l’occasion de cequi se passait dans l’un et l’autre de ces pays, à moins toutefoisque la contre-révolution, dont il ne voulait sur aucune des fron-tières deFrance, n’essayât de s’établir au milieu des Alpes. Il luieôt été facile de se faire accepter pour législateur de l’Helvétie,ainsi qu’il l’avait été de la République italienne; mais la Con-sulte de Lyon avait produit un tel effet en Europe, notammenten Angleterre, qu’il n’osait pas donner deux fois le mômeconseils .lu spectacle. 11 s’en tenait donc à de sages avis, qui étaient écou-u la Suisse. ma j s p eu su ivis, malgré la présence de nos troupes. 11
conseillait aux Suisses de renoncer à la chimère de l’unité ab-solue,, unité impossible dans un pays aussi accidenté que leleur, insupportable d’ailleurs aux petits cantons, qui ne pou-vaient ni payer de gros impôts, comme Berne ou Bâle, ni seplier au joug d’une règle commune. 11 leur conseillait de créerun gouvernement central pour les affaires extérieures de laConfédération; et, quant aux affaires intérieures, de laisseraux gouvernements locaux le soin de s’organiser suivant lesol, les mœurs, l’esprit des habitants. 11 leur conseillait deprendre de la Révolution française ce qu’elle avait de bon,d’incontestablement utile, l’égalité entre toutes les classes decitoyens, l’égalité entre toutes les parties du territoire; delaisser détachées les unes des autres les provinces incompa-tibles , telles que Vaud et Berne, telles que les bailliages ita-liens et Uri; mais de renoncer à certaines agglomérations deterritoire, qui dénaturaient certains petits cantons, tels queceux d’Appenzell et de Glaris; de faire cesser dans les grandesvilles la domination alternative des oligarques et de la popu-lace, et d’en finir par le gouvernement de la bourgeoisiemoyenne, sans exclusion systématique d’aucune classe ; d’imiterenfin cette politique de transaction entre tous les partis quiavait rendu le repos à la France. Ces avis, compris par leshommes éclairés, méconnus par les hommes passionnés, quiforment toujours le grand nombre, demeuraient sans effet.