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[Vol. 2.]
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LIYRK XV.

Août 180?.

VoyageJe M. Kedingà Paris.

Engagementspris parM. Reding en-vers le PremierConsul.

avaient donné leur confiance. Tout rude qu’il était, M. Redingne manquait pas d’une certaine finesse ; il était flatté de sanouvelle dignité, et tenait à la conserver. Il savait qu’il ne lepouvait pas long - temps contre la volonté de la France. D’ac-cord avec les siens, il imagina de se rendre brusquement àParis, pour essayer de persuader au Premier Consul que leparti des oligarques était le parti des honnêtes gens, qu’ilfallait le souffrir au pouvoir, permettre qu’il y fit ses volontés,et qu'à ces conditions on aurait une Suisse dévouée à laFrance. Le Premier Consul reçut M. Reding avec égards, etl’écouta avec quelque attention. M. Reding affecta de semontrer dépourvu de préjugés, et plutôt militaire qu’oli-garque; il parut flatté d’approcher le premier général destemps modernes, et disposé comme lui à se mettre au-dessusdes passions de partis. Il offrit divers accommodements, quipouvaient être acceptés, sauf à voir si la conduite répondraitaux promesses. D’après ces accommodements, le sénat devaitêtre porté à trente membres, et le choix des cinq nouveauxmembres fait exclusivement parmi les patriotes. On devaitchoisir également parmi eux un second landamman, alternantavec le premier dans l’exercice du pouvoir. Des commissionscantonales, composées de moitié par le sénat et par les can-tons eux-mêmes, devaient être chargées de donner à chacund’eux la constitution qui leur conviendrait. Il était en outreaccordé que l’Argovie et le pays de Vaud resteraient détachésde Berne ; et en revanche, que les agglomérations de territoiresqui avaient défiguré certains petits cantons seraient révo-quées. Sous toutes ces réserves, le Premier Consul promit dereconnaître la Suisse, de la replacer en état de neutralité per-pétuelle, et d’en retirer les troupes françaises. Pour lui assurerla route militaire qu’il demandait, on démembra le Valais, encédant à la France la portion qui est sur la rive droite duRhône. La France, en échange, s’obligeait à céder leFrickthnl,plus un arrondissement de territoire du côté du Jura. M. Ile-