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[Vol. 2.]
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LIVRE XV.

Août 1802.

Le PremierConsul,nayant plus àménagerle gouvernementsuisse,proclameriiule'penclance«lu Valais.

Le partirévolutionnairemodère's’emparede nouveaudu pouvoir.

traire au nouvel ordre de choses, et favorable au rétablisse-ment de l’ancien. Il n’était plus question du Valais ni de la routepromise à la France. Enfin les Vaudois, voyant la contre-ré-volution imminente, s’étaient insurgés, et, plutôt que de sesoumettre au gouvernement de M. Reding, sollicitaient leurréunion à la France.

Ainsi la malheureuse Ilelvétie, livrée un an auparavant auxextravagances des unitaires absolus, était en proie cette annéeaux tentatives contre-révolutionnaires des oligarques. Le Pre-mier Consul prit alors son parti quant au Valais; il déclaraqu’il le détachait de la confédération, et lui rendait son ancienneindépendance. C’était évidemment la meilleure solution, car enpartageant cette grande vallée pour donner une rive à la Suisse,une autre à la France, on allait contre la nature des choses;en la laissant tout entière à la Suisse, en y créant une routeet des établissements militaires français, on rendait la neutralitéhelvétique impossible. Quand il apprit cette résolution, M. Re-ding éclata, soutint que le Premier Consul avait manqué à sespromesses, ce qui était faux, et proposa au petit conseil unelettre tellement violente, que le petit conseil recula d’elfroi.La situation n’était plus tenable entre les oligarques des grandset des petits cantons, travaillant à reconstruire l’ancien ré-gime, et les révolutionnaires soulevés dans le pays de Vaud,pour obtenir la réunion à la France. M. Dolder et ses amisdu petit conseil se réunirent. Dans ce petit conseil, char-gé du pouvoir exécutif, ils étaient six contre trois. Ils pro-fitèrent de l’absence de M. Reding, qui s’était rendu pourquelques jours dans les petits cantons, cassèrent tout ce quiavait été fait par lui, annulèrent les commissions cantonales,et appelèrent à Eerne une assemblée de notables, composéede quarante-sept individus, choisis parmi les hommes les plusrespectables et les plus modérés de toutes les opinions. Ondevait leur soumettre la constitution du 29 mai, recommandéepar la France, v apporter les modifications jugées indispen-