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LIVRE XV.
Août 1SU*2.
Arrangementsavec Baden,Wurtemberg,les
deux Hesses.
Concert avecla Russie.
plétement dédommagée de ce qu’on lui enlevait, car si elleavait perdu 3 millions de florins de revenu, elle recevait 3 mil-lions et quelques mille florins en compensation.
L’indemnité de la Prusse et de la Bavière étant fixée, leplus difficile était fait. On avait contenté deux amis de laFrance, et les deux États les plus considérables de l’Allemagne,après l’Autriche. Aucune opposition insurmontable n’était dé-sormais à craindre. Il restait cependant à se mettre d’accordavec Baden, Wurtemberg, les deux Hesses. Baden et Wur-temberg étaient clients et parents de la Russie. C’est avec laRussie que leur part devait être réglée. 11 entrait, commenous l’avons dit, dans le plan du Premier Consul, de faireparticiper l’empereur Alexandre aux arrangements de l’Alle-magne, de l’y intéresser, en traitant bien ses protégés, enflattant son orgueil, en paraissant tenir grand compte de soninfluence. D’abord on y était obligé par les articles secretsannexés au dernier traité de paix, articles par lesquels ons’était engagé à se concerter avec le cabinet russe pour l’af-faire des indemnités germaniques. Le Premier Consul avaitpensé qu’il ne fallait pas lui laisser le temps de réclamer sondroit d’intervenir, et, dans sa correspondance personnelle avecle jeune empereur, l’entretenant avec confiance de toutes lesgrandes affaires de l’Europe, il lui avait demandé ses inten-tions à l’égard des maisons de Wurtemberg et de Baden, quiavaient l’honneur d’être alliées à la famille impériale. En effet,l’impératrice douairière, veuve de Paul 1 er , mère d’Alexandre,était une princesse de Wurtemberg ; l’impératrice régnante,épouse d’Alexandre, était une princesse de Baden. Celle-ciétait l’une de ces trois brillantes sœurs, nées dans la petitecour de Carlsruhe, et assises à cette époque sur les trônes deBavière, de Suède, de Russie.
Le czar, flatté de ces avances, accepta volontiers les ouver-tures du Premier Consul, et ne songea pas un instant à entrerdans la pensée de l’Autriche, qui voulait attirer la négociation