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[Vol. 2.]
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LES SÉCULARISATIONS.

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à Pétersbourg. Quelque satisfait qu’il eût été de voir la plusgrande affaire du continent traitée chez lui, il eut le bon espritde n’y pas prétendre un moment. Il autorisa donc M. de Mar-kolf à négocier sur ce sujet à Paris. Wurtemberg, Baden,étaient pour lui les moindres intérêts de cette négociation.Son intérêt essentiel c’était de participer ostensiblement à lanégociation tout entière. Le Premier Consul ne laissa rien hdésirer à l’empereur Alexandre, quant à l’extérieur du rôle àjouer, et lui offrit une manière de figurer égale à celle du ca-binet français, en lui proposant de constituer la France et laRussie médiatrices entre les divers Etats de la Confédérationgermanique.

Cette idée était des plus heureuses. Il fallait bien, en effet,après avoir arrêté avec les principaux intéressés la part quileur serait faite, se mettre enfin en communication avec le corpsgermanique assemblé à Ratisbonne, et l’amener à ratifier lesarrangements individuellement souscrits. Le Premier Consulimagina de réunir ces arrangements en un plan général, et dele présenter à la diète de Ratisbonne au nom de la France etde la Russie, se constituant spontanément puissances média-trices. Cette forme sauvait la dignité du corps germanique,qui ne paraissait plus dictatorialement organisé par la Franco,mais qui, dans l’embarras où le jetaient les ambitions rivalessoulevées dans son sein, acceptait comme arbitres les deuxplus grandes puissances du continent, et les plus désintéres-sées. On ne pouvait pas cacher sous une forme plus conve-nable pour l’Allemagne, plus flatteuse pour un jeune souverainentrant à peine sur la scène du monde, la volonté réelle dela France. Le Premier Consul, en acceptant ainsi l’égalité derôle avec un prince qui n’avait rien fait encore,lui couvert degloire, consommé dans les armes et la politique, tenait uneconduite des plus habiles, car, grâce à quelques ménagements,il amenait l’Europe à ses vues. Le caractère de la vraie poli-tique, c’est de placer toujours le résultat réel avant l’effet ex-

Août 1802.

Le PremierConsulimagine deconstituer laFrance et laRussie me'dia-trices, et deproposer enleur nom, à laDiètegerma-nique, lesarrangementspar luirésolus.