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LIVRE XV.
Août 1802 . de voir expliquer ainsi tous les actes de la cour de Russie. Al’instant où les deux monarques allaient se quitter, un courrierarrivé à Mémel remit au roi Frédéric-Guillaume une lettre duPremier Consul. Cette lettre lui faisait part des avantages ac-cordés à la Prusse, et du plan définitif convenu avec M. deMarkolF. Tout dépendait maintenant, ajoutait le Premier Con-sul , du consentement de l’empereur de Russie. Le roi Frédéric-Guillaume, enchanté de ce résultat, voulut profiter de l’occa-sion, et parler des affaires allemandes au jeune ami qu’ilcroyait avoir conquis pour la vie. Mais cet ami glissant refusade l’écouter, et promit de répondre dès qu’il aurait reçu deses ministres la communication du plan arrêté à Paris.
On était à la mi-juin 1802 (fin de prairial an x). Des cour-riers attendaient l’empereur Alexandre à Saint-Pétersbourg ;et le général Ilédouville, très-ponctuel dans son obéissance,avait déjà présenté une note pour annoncer que, si, dans ledélai fixé, on ne s’était pas expliqué par oui ou par non, ilconsidérerait la réponse comme négative, et le manderait àParis. Le vice-chancelier Kurakin, qui était mieux disposépour la France que ses collègues, engagea le général Ilédou-ville à reprendre sa note, afin de ne pas blesser l’empereurAlexandre, promettant qu’à l’arrivée de ce monarque l’affairelui serait immédiatement soumise, et la réponse donnée sansaucun retard. L’empereur, de retour dans sa capitale, enten-dit ses ministres, et fut fort pressé par plusieurs d’entre euxde refuser le plan proposé. Le cabinet paraissait partagé, maisplus disposé cependant pour l’Autriche que pour la Prusse.Alexandre, bien qu’il vît, avec sa finesse précoce, que le maîtredes affaires d’Occident lui abandonnait l’apparence d’un rôledont il gardait la réalité pour lui-même; bien qu’il compritque ces conditions, qu’on devait dicter en commun à Ralis-bonne, arrivaient toutes faites de Paris, Alexandre était cepen-dant touché des égards extérieurs observés envers son empire,et satisfait d’un précédent qui, ajouté à celui de Teschcn, éla-