LES SÉCULARISATIONS.
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plus (l’une analogie, il avait conçu le désir de le connaître per- Août 1802sonnellement. En conséquence, il lui avait fait proposer uneentrevue à Même!. Le roi de Prusse avait saisi celte proposi-tion avec empressement, car il était toujours plein du projetde s’entremettre entre la Russie et la France, toujours per-suadé qu’il exercerait sur leurs rapports une utile influence,qu’il les ferait vivre en bonne harmonie, que, tenant la balanceentre elles, il la tiendrait en Europe, et qu’à l’importance durôle se joindrait la certitude de conserver la paix, dont lemaintien était devenu la plus constante de scs préoccupations.
Ce rôle, qu’il avait révé un instant sous l’empereur Paul, de-venait bien plus facile sous l’empereur Alexandre, que l’àgeet les penchants semblaient rapprocher de lui. Confirmé danscotte pensée par M. d’IIaugwitz, il s’était rendu à Mémel, latête remplie des plus honorables illusions. Frédéric-Guillaumeet Alexandre, actuellement réunis, paraissaient se convenirbeaucoup, et se juraient l’un à l’autre une éternelle amitié. Leroi de Prusse était simple et un peu gauche; l’empereurAlexandre n’était ni simple ni gauche ; il était, au contraire, ai-mable, empressé, prodigue de démonstrations. Il ne craignitpoint de faire les premiers pas envers le descendant du grandF'rédéric, et lui exprima une affection des plus vives. La bellereine de Prusse était présente à cette entrevue; l’empereurAlexandre lui voua dès cette époque un culte respectueux etchevaleresque. Ils se séparèrent fort enchantés les uns des au-tres, et convaincus qu’ils s’aimaient, nou comme des rois,mais comme des hommes. C’était, en effet, la prétention del’empereur Alexandre, de rester homme sur le trône. Il revint,répétant à tous ceux qui l’approchaient qu’il avait enfin trouvéun ami digne de lui. A tout ce qu’on lui racontait du cabinetprussien, de son ambition, de son avidité, il répondait parl’explication constamment employée quand il s'agissait de laPrusse, que ce qu’on disait était vrai de M. d’IIaugwitz, maisfaux du jeune et vertueux roi. Il n’eût pas demandé mieux que