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territoire bavarois qu’un point, c’était Passau. (Voir la carten° 20.) La cour de Vienne voulait, comme on l’a vu, que cetteplace fût donnée à l’archiduc avec l'évêché lui-même. Lestroupes autrichiennes étaient aux portes de Passau, et n’a-vaient qu’un pas à faire pour les franchir. La tentation devaitêtre grande, et les prétextes ne manquaient pas. En effet, lemalheureux évêque, en voyant approcher les troupes bava-roises, s’était adressé à l’empereur, protecteur naturel de toutEtat d’Empire exposé à des violences. Le plan qui donnaitson évêché, partie à la Bavière, partie à l’archiduc Ferdinand,n’était encore qu’un projet, point encore une loi d’empire, etjusque-là on pouvait en considérer l’exécution comme un acteillégal. Des actes de ce genre, il est vrai, se commettaientdans toute l’Allemagne ; mais là où il était possible de les em-pêcher, pourquoi ne pas le faire, pourquoi ne pas donnersigne de vie et de vigueur?
L’Autriche était portée au dernier degré d’exaspération. Ellese plaignait de tout le monde : de la France, qui, sans lui riendire, avait négocié avec la Russie le plan qui changeait la facede l’Allemagne ; de la Russie elle-même, qui, à Pétersbourg,lui avait tenu secrète l’adoption du projet de médiation ; de laPrusse et des confédérés, qui s’appuyaient sur des gouverne-ments étrangers pour bouleverser complètement l’Empire. Sesplaintes étaient peu fondées, et elle n’avait à reprocher qu’àelle-même, à ses prétentions exagérées, à ses finesses malentendues, l’abandon dans lequel chacun la laissait en ce mo-ment. Elle avait voulu négocier avec la Russie en se cachantde la France, et la France avait négocié avec la Russie en secachant d’elle. Elle avait voulu appeler l’étranger dans l’Em-pire , en ayant recours à l’empereur Alexandre, et la Prusse,la Bavière, imitant son exemple, avaient appelé la France,avec cette différence que la Prusse et la Bavière faisaient in-tervenir une puissance amie du corps germanique, et obligéeà intervenir par les traités eux-mêmes. Quant aux occupa-
Août 1802.
Occupation parl’Autriche fierevêche îlePassau.