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LIVRE XV.

Sept. 1802.

Avis

de Bohêmeet OrdreTeutonique.

Ministresreprésentantles Etats delàde'putation ex-traordinaire.

Parolesamères dureprésentantde Bohème.

partagé qu’il était entre ses affections et sa raison, ses affec-tions qui parlaient pour la vieille Allemagne, sa raison quiparlait pour le plan des médiateurs.

Bohème, Ordre Teutonique, étaient des États tout à faitautrichiens. Quant au premier, c’était convenu, puisque l’em-pereur était roi de Bohème. Quant au second, c’était toutaussi évident, puisque l’archiduc Charles, frère de l’empereur,son généralissime, son ministre de la guerre, était grand-maîtrede l’Ordre Teutonique. On affectait à Vienne et à Ratisbonnede mettre une différence entre le ministre de Bohème, parexemple, et le ministre impérial. Le ministre de Bohème, re-présentant spécialement la maison d’Autriche, pouvait se livrerà l’expression des passions de famille : aussi lui faisait-on direles choses les plus acerbes. Le ministre impérial parlant aunom de l’empereur, affectait de s’exprimer plus gravement,et du point de vue des intérêts généraux de l’empire. Il étaitmoins vrai et plus pédantesque. M. de Schraut était ministrepour Bohème, M. de Ilugel pour l’empereur. Ce dernier, for-maliste des plus consommés, était d’ailleurs fort délié, commebeaucoup de ces Allemands qui avaient vieilli en Diète, et qui,sous la pédanterie des formes, cachaient toute l’astuce desgens de palais. Quant au ministre du grand-maitre teuto-nique , c’était M. de Rabenau, soumis en entier à la députationautrichienne, qui lui rédigeait jusqu’à ses notes, au vu et ausu de la Diète ; rôle dont ce ministre estimable souffrait beau-coup, et se plaignait lui-même. M. de Hugel, ministre pourl’empereur, dirigeait les voix autrichiennes, et il était chargéde lutter d’artifices et de lenteurs contre le parti prussien, etcontre les puissances médiatrices.

Dès la première séance, M. de Schraut, pour Bohême, seplaignit hautement de la conduite tenue envers l’Autriche, etrépondit avec amertume au reproche qui était adressé à cettecour, de n’avoir jamais abouti à une conclusion, reproche surlequel se fondaient principalement les puissances médiatrices