RUPTURE 1)E LA PAIX D'AMIENS.
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France, avait inutilement combattu la résolution de Toussaint.Celui-ci, ne tenant aucun compte des objections qu’on lui adres-sait, avait mis en mouvement toutes les divisions de son ar-mée, et avait exigé des autorités espagnoles, incapables derésister, les clefs de Santo-Domingo. Ces clefs lui avaient étéremises, et il s’était rendu ensuite dans toutes les villes, neprenant d’autre titre que celui de représentant de la France,mais se comportant en réalité comme un souverain, et se fai-sant recevoir dans les églises avec l’eau bénite et le dais.
La réunion des deux parties de l’ile sous une même domi-nation, avait produit pour le commerce et l’ordre intérieurdes résultats excellents et instantanés. La partie française,abondamment pourvue de tous les produits des deux mondes,en avait donné une quantité considérable aux colons espa-gnols , en échange des bestiaux, des mulets, des chevaux dontelle avait grand besoin. En même temps les nègres qui vou-laient se soustraire au travail par le vagabondage, ne trou-vaient plus dans la partie espagnole un asile contre les re-cherches incessantes de la police noire.
C’est par tous ces moyens réunis que Toussaint avait faitrefleurir en deux ans la colonie. On n’aurait pas une idéeexacte de sa politique, si on ne savait en même temps com-ment il se conduisait entre la France et l’Angleterre. Cet es-clave , devenu libre et souverain, conservait au fond du cœurune involontaire sympathie pour la nation dont il avait portéles chaînes, et répugnait à voir les Anglais à Saint-Domingue.Aussi avait-il fait de nobles efforts pour les en expulser, et ily avait réussi. Son intelligence politique, profonde quoiqueinculte, le confirmait dans ses sentiments naturels, et lui fai-sait comprendre que les Anglais étaient les maîtres les plusdangereux, car ils possédaient une puissance maritime quirendrait leur autorité sur l’ile effective et absolue. Il ne vou-lait donc à aucun prix de leur domination. Les Anglais, enévacuant le Port-au-Prince, lui avaient offert la royauté de
Fév. 1802.
Politiquede ToussaintLouvertureà IVgardde la Franceet de
l’Angleterre.