RUPTURE DE LA PAIX D’AMIENS.
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quence sauvage les charmait. Du haut de la chaire, où il mon-tait souvent, il leur parlait de Dieu, de l’égalité des races hu-maines , et leur en parlait avec les plus étranges et les plusheureuses paraboles. Un jour, par exemple, voulant leurdonner confiance en eux-mêmes, il remplissait un verre avecdes grains de maïs noir, y mêlait quelques grains de maïsblanc, puis, agitant ce verre, et leur faisant remarquer com-bien les grains blancs disparaissaient promptement dans lesnoirs, il disait : Voilà ce que sont les blancs au milieu de vous.Travaillez, assurez votre bien-être par votre travail; et si lesblancs de la métropole voulaient nous ravir notre liberté, nousreprendrons nos fusils, et nous les vaincrons encore. — Adorépar ces motifs, il était redouté en même temps pour sa rarevigilance. Doué d’une activité surprenante à son âge, il avaitplacé dans l’intérieur de l’île des relais de chevaux d’une ex-trême vitesse, et se transportait, suivi de quelques gardes,avec une rapidité prodigieuse, d’un point de l’ile à l’autre,faisant quelquefois quarante lieues à cheval dans le même jour,et venant punir comme la foudre le délit dont il avait eu con-naissance. Prévoyant et avare, il faisait des amas d’argent etd’armes dans les montagnes de l’intérieur, et les enterrait,dit-on, dans un lieu appelé les Mornes du Chaos, près d’unehabitation qui était devenue son séjour ordinaire. C’étaient desressources pour un avenir de combats, qu’il ne cessait de re-garder comme probable et prochain. S’attachant sans cesse àimiter le Premier Consul, il s’était donné une garde, un en-tourage , une sorte de demeure princière. Il recevait dans cettedemeure les propriétaires de toutes couleurs, surtout lesblancs, et rudoyait les noirs qui n’avaient pas un assez bonmaintien. Affreux à voir, même sous son habit de lieutenant-général, il avait des flatteurs, des complaisants; et, chosetriste à dire, il obtint plus d’une fois que des blanches, ap-partenant à d’anciennes et riches familles de l’ile, se prosti-tuassent à lui, pour obtenir sa protection. Ses courtisans lui
Kev. 180*2.
Penchantde ToussaintLouvertureà imiterle PremierConsul.