Band 
[Vol. 2.]
Seite
140
JPEG-Download
 

140

LIVRE XVI.

r«iv. 1802. une lettre noble et flatteuse, dans laquelle, traitant Toussaintcomme le premier homme de sa race, il semblait se prêtergracieusement à une sorte de comparaison entre le pacificateurde la France et le pacificateur de Saint-Domingue.

Mais il avait prévu aussi la résistance, et toutes les mesu-res étaient prises pour la vaincre de vive force. Si on avait étémoins impatient de profiter de la signature des préliminairesde paix, pour traverser la mer devenue libre, on aurait obligéles escadres à s’attendre les unes les autres dans un lieu con-venu, afin de les faire arriver toutes ensemble à Saint-Domin-gue, et de surprendre Toussaint, avant qu’il fût en mesure de sedéfendre. Malheureusement, dans l’incertitude où Ton était aumoment de l’expédition, sur la signature de la paix définitive,il fallut les faire partir des ports de Brest, Rochefort, Cadixet Toulon, sans obligation de s’attendre, et avec ordre d’ar-Marche river le plus tôt possible à leur destination. L’amiral Villaret-

générale des -hit» t

escadre parties Joyeuse, appareillant de Brest et de Lorient avec seize vais-Rochefort, seaux, et une force d’environ sept à huit mille hommes, avait

Toulon. ordre de croiser quelque temps dans le golfe de Gascogne

pour essayer d’y rencontrer l’amiral Latouche-Tréville, qui de-vait sortir de Rochefort avec six vaisseaux, six frégates et troisou quatre mille hommes. L’amiral Villaret, s’il n’avait pu ral-lier l’amiral Latouche, devait passer aux Canaries, pour voirs’il n’y trouverait pas la division Linois venant de Cadix, ladivision Ganteaume venant de Toulon, Tune et l’autre avec unconvoi de troupes. Il devait enfin se rendre dans la baie deSamana, la première qui se présente à une escadre arrivantd’Europe. Se conformant aux ordres qu’elles avaient reçus, cesdiverses escadres se cherchant, sans perdre de temps à seréunir, parvinrent à des époques différentes au rendez-vouscommun de Samana. (Voir la carte n° 22.) L’amiral Villaret yparut le 29 janvier 1802 (9 pluviôse an x). L’amiral Latouchele suivit de près. Les divisions de Cadix et de Toulon ne tou-chèrent à Saint-Domingue que beaucoup plus tard. Mais l’ami-