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[Vol. 2.]
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RUPTURE DE LA PAIX D'AMIENS.

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ral Villaret, avec l’escadre de Brest et de Lorient, l’amiral La-touche-TrévilIe avec l’escadre de Rochefort, ne portaient pasmoins de 11 à 12 mille hommes. Après en avoir conféré avecles chefs de la flotte, le capitaine général Leclerc pensa qu’ilimportait de ne pas perdre de temps, et qu’il fallait se présen-ter devant tous les ports à la fois, pour se saisir de la colonie,avant d’avoir donné à Toussaint le loisir de se reconnaître.D’ailleurs beaucoup d’avis, venus des Antilles, faisaient crain-dre un accueil peu amical. En conséquence, le général Ker-versau, avec deux mille hommes embarqués sur des frégates,devait se rendre à Santo-Domingo, capitale delà partie espa-gnole; l’amiral Latouche-Tréville, avec son escadre portant ladivision Boudet, devait aborder au Port-au-Prince; enfin, lecapitaine général lui-méme, avec l’escadre de l’amiral Villaret,avait le projet de faire voile vers le Cap, et de s’en emparer.La partie française, comprenant avec une notable portion del’île les deux promontoires qui s’avancent à l’ouest, se divisaiten départements du nord, de l’ouest et du sud. Dans le dépar-tement du nord, c’était le Cap qui était le port principal, et lechef-lieu; dans le département de l’ouest, c’était le Port-au-Prince. Les Cayes, Jacmel, rivalisaient de richesse et d’influencedans le sud. En occupant Santo-Domingo pour la partie espa-gnole , le Cap et le Port-au-Prince pour la partie française, ontenait l’ile presque entière, moins, il est vrai, les montagnes del’intérieur, conquête que le temps seul pouvait permettre d’a-chever.

Ces divisions navales quittèrent la baie où elles étaientmouillées pour se rendre à leurs destinations respectives, dansles premiers jours de février. Toussaint, averti de la présenced’un grand nombre de voiles à Samana, y était accouru de sapersonne, pour juger de ses propres yeux du danger dont ilétait menacé. Ne doutant plus, à la vue de l’escadre française,du sort qui l’attendait, il prit le parti de recourir aux derniè-res extrémités, plutôt que de subir l’autorité de la métropole.

IVv. 1802.

Plan d‘undébarquementsimultané àSanto-Domingo,au

Port au-Prince,et au Cap.

Résolutionsde Toussainten voyantarriverl’expéditionfrançaise.