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[Vol. 2.]
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LIVRE XVI

f*-. 1802 Dans cet intervalle, l’escadre de l’amiral Latouche-Tréville,occupntînn se portant à l’ouest, avait doublé la pointe de l’ile, et s’était, 'r"mirU? r ren( ^ ue devant la baie du Port-au-Prince, pour y opérer sondébarquement. (V r oir la carte n° 22.) Un blanc, engagé au ser-nerai Bomiet. y j ce f ] es no j rS; nommé Agé, officier plein de bons sentiments,y commandait en l’absence de Dessalines, résidant à Saint-Marc. Sa répugnance à exécuter les ordres qu’il avait reçus,la vigueur de l’amiral Latouche-Tréville, la promptitude dugénéral Boudel, la fortune enfin qui favorisa cette partie desopérations, sauvèrent la ville du Port-au-Prince des malheursqui avaient frappé celle du Cap. L’amiral Latouche fit con-struire des radeaux armés d’artillerie, parvint ainsi à débar-quer soudainement les troupes à la pointe du Lamentin, puisfit voile en toute hâte vers le Port-au-Prince. Pendant ce rapidemouvement des vaisseaux, les troupes s’avançaient de leurcôté sur la ville. Le fort Bizoton se trouvait sur la route. Ons’en approcha sans tirer. — Laissons-nous tuer sans faire feu,s’écria le général Boudet, afin de prévenir une collision, et desauver, si nous pouvons, nos malheureux compatriotes de lafureur des noirs. — C’était en effet le seul moyen d'éviter lemassacre dont les blancs étaient menacés. La garnison noiredu fort Bizoton, en voyant l’attitude amicale et résolue destroupes françaises, se rendit, et vint prendre place dans lesrangs de la division Boudet. On arriva sur le Port-au-Prince,au moment même où l’amiral Latouche-Tréville y touchait avecses vaisseaux. Quatre mille noirs en formaient la garnison.Des hauteurs sur lesquelles cheminait l’armée, on voy r ait cesnoirs répandus au milieu des principales places, ou postés enavant des murs. Le général Boudet fit tourner la ville par deuxbataillons, et avec le gros de la division marcha sur les redou-tes qui la couvraient. — Nous sommes amis, s’écrièrent lespremières troupes noires, ne tirez pas. — Confiant en ces pa-roles , nos soldats s’avancèrent Parme au bras. Mais une dé-charge de mousqueterie et de mitraille, exécutée presque à