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[Vol. 2.]
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RUPTURE DE LA PAIX D’AMIENS.

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Le capitaine général fit ensuite parcourir dans tous les sensles iuornes environnants, pour ne laisser aucun asile auxbandes fugitives de Toussaint, et les réduire avant la saisondes grandes chaleurs. Aux Verrettes l’armée fut témoin d’unspectacle horrible. Les noirs avaient long-temps conduit à leursuite des troupes de blancs, qu’ils forçaient, en les battant, àmarcher aussi vite qu’eux. N’espérant plus les soustraire àl’armée qui les suivait de très-près, ils en égorgèrent huit cents,hommes, femmes, enfants, vieillards. On trouva la terre cou-verte de cette affreuse hécatombe ; et nos soldats, si généreux,qui avaient tant combattu dans toutes les parties du monde,qui avaient assisté à tant de scènes de carnage, mais qui n’a-vaient jamais vu égorger les femmes et les enfants, furentsaisis d’une horreur profonde, et d’une colère d’humanité quidevint fatale aux noirs qu’ils purent saisir. Ils les poursuivirentà outrance, ne faisant de quartier à aucun de ceux qu’ils ren-r contraient.

On était en avril. Les noirs u’avaient plus de ressources,du moins pour le présent. Le découragement était profondparmi eux. Les chefs, frappés des bons procédés du capitainegénéral Leclerc envers ceux qui s’étaient rendus, et auxquelsil avait laissé leurs grades et leurs terres, songèrent à poserles armes. Christophe s’adressa, par l’intermédiaire des noirsdéjà soumis, au capitaine général, et offrit de faire sa soumis-sion , si on lui promettait les mêmes traitements qu’aux géné-raux Laplume, Maurepas et Clervaux. Le capitaine général,qui avait autant d’humanité que de bon sens, consentit degrand cœur aux propositions de Christophe, et accepta sesoffres. La reddition de Christophe amena bientôt celle du fé-^ roce Dessalines, et enfin celle de Toussaint lui-méme. Celui-ci

était presque seul, suivi à peine de quelques noirs attachés àsa personne. Continuer ses courses dans l’intérieur de file,sans rien essayer d’imporlant qui put relever son crédit au-près des nègres, lui semblait peu utile, et propre tout au [dus

Avril 1802.

Massacre(les blancs auxVerrettes.

Soumissiondes ge'ne'rauxnoirs

Christophe etDessalines.

Toussaintlui-mèiuesonge à screndre.