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LIVRE XVI.
Avril 1802.
Toussaintobtient saterre <1 Ennerrpuurrctraite.
Soumissionpifneralede la colonie.
à épuiser le zèle de ses derniers partisans. Il était abattu d’ail-leurs , et ne conservait d’autre espérance que celle que pou-vait encore lui inspirer le climat. II était en effet habituédepuis long-temps à voir les Européens, surtout les gens deguerre, disparaître sous l’action de ce climat dévorant, et ilse flattait de trouver bientôt dans la fièvre jaune un affreuxauxiliaire. 11 se disait donc qu’il fallait attendre en paix le mo-ment propice, et qu’alors peut-être une nouvelle prise d’armespourrait lui réussir. En conséquence, il offrit de traiter. Le ca-pitaine général, qui n’espérait guère pouvoir l’atteindre, mêmeen le pourchassant à outrance dans les nombreuses et loin-taines retraites de l’ile, consentit à lui accorder une capitula-tion, semblable à celle qui avait été accordée à ses lieutenants.On lui restitua ses grades, ses propriétés, à condition qu’ilvivrait dans un lieu désigné, et ne changerait de séjour quesur la permission du capitaine général. Son habitation d’En-nery fut le lieu qu’on lui fixa pour retraite. Le capitaine gé-néral Leclerc se doutait bien que la soumission de Toussaintne serait pas définitive; mais il le tenait sous bonne garde,prêt à le faire arrêter au premier acte qui prouverait sa mau-vaise foi.
A partir de cette époque, fin d’avril et commencement demai, l’ordre se rétablit dans la colonie, et on vit renaître laprospérité dont elle avait joui sous son dictateur. Les règle-ments, imaginés par lui, furent remis en vigueur. Les culti-vateurs étaient presque tous rentrés sur les plantations. Unegendarmerie noire poursuivait les vagabonds, et les ramenaitsur les terres auxquelles, en vertu des recensements anté-rieurs, ils étaient attachés. Les troupes de Toussaint, fort ré-duites, soumises à l’autorité française, étaient tranquilles, etne semblaient pas disposées à se soulever, si on leur conser-vait leur état présent. Christophe, Maurepas, Dessalines, Cler-vaux, maintenus dans leurs grades et leurs biens, étaient prêtsà s’accommoder de ce régime aussi bien que de celui de Tous-