R U P T U K K DE LA PAIX D'AMIENS.
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» HEURES PERDUES DANS l’ÉPOQU'E OU NOUS VIVONS, SONT UNE PERTE
» irréparable. » ( 14 février 1803.)
Des Indes et de l’Amérique l’active pensée du Premier Con-sul s’était reportée sur l’empire ottoman, dont la chute luisemblait prochaine, et dont il ne voulait pas que les débrisservissent ù étendre les possessions russes ou anglaises. Ilavait renoncé à l’Égypte tant que les Anglais respecteraient lapaix; mais si la paix était rompue parleur fait, il se tenaitpour libre de revenir à ses premières idées sur une contréequ’il regardait toujours comme la route de l’Inde. Au surplus,il ne projetait rien dans le moment; son intention était seule-ment d’ompôcher que les Anglais profitassent de la paix pours’établir aux bouches du Nil. Un engagement formel les obli-geait à sortir de l’Égypte sous trois mois; or il y en avait douzeou treize de la signature des préliminaires de Londres, septou huit de la signature du traité d’Amiens, et ils ne semblaientpas disposés encore à quitter Alexandrie. Le Premier Consulfit donc appeler le colonel Sébastiani, officier doué d’une rareintelligence, lui ordonna de s’embarquer sur une frégate, deparcourir les bords de la Méditerranée, d’aller à Tunis, à Tri-poli , pour y faire reconnaître le pavillon de la République ita-lienne , de se rendre ensuite en Égypte, d’y examiner la situa-tion des Anglais, et la nature de leur établissement; de chercherà savoir combien cet établissement devait durer; d’observerce qui se passait entre les Turcs et les Mamelucks; de visiterles scheiks arabes, de les complimenter en son nom ; d’alleren Syrie pour voir les chrétiens, et les remettre sous la pro-tection française; d’entretenir Djezzar-Pacha, celui qui avaitdéfendu Saint-Jean-d’Acre contre nous, et de lui promettre leretour des bonnes grâces de la France, s’il ménageait les chré-tiens , et favorisait notre commerce. Le colonel Sébastiani avaitordre enfin de revenir par Constantinople pour renouveler augénéral Brune, notre ambassadeur, les instructions du cabinet.Ces instructions enjoignaient au général Brune de déployer
Mai 1802.
Missiondu colonelSébastianidans laMéditerranée.