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[Vol. 2.]
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LIVRE XVI.

Mai 1602.

Soumission dela Guadeloupepar les armesdu generalKichepanse.

Effortsdu PremierConsul pourre'tablirla marinefrançaise.

Extensiondes cre'ditsattribue'»au budgetde la marine.

A la Guadeloupe le brave Richepanse, débarqué avec uneforce de trois ou quatre mille hommes, avait dompté les nègresrévoltés, et les avait remis dans l’esclavage après avoir dé-truit les chefs de la révolte. Cette espèce de contre-révolutionétait possible et sans danger dans une île de peu d’étenduecomme la Guadeloupe; mais elle offrait un grave inconvénient,celui d’effrayer les noirs de Saint-Domingue sur le sort quileur était réservé. Du reste, les affaires de nos Antilles étaientaussi prospères qu’on pouvait l’espérer en aussi peu de temps.De toutes parts des armements se préparaient dans nos portsde commerce, pour recommencer le riche négoce quo la Francefaisait autrefois avec elles.

Le Premier Consul, poursuivant sa tAche avec persévérance,avait transporté sur le littoral les dépôts des demi-brigadesservant aux colonies. Il y versait constamment des recrues, etprofitait de toutes les expéditions du commerce ou de la ma-rine militaire, pour faire partir de nouveaux détachements. Ilavait augmenté les crédits accordés A la marine, et porté à130 millions le budget spécial de ce département, somme con-sidérable dans un budget total de 589 millions (720 si l’oncompte comme aujourd’hui). Il avait ordonné que 20 millionspar an fussent consacrés en achats de matières navales danstous les pays. Il avait prescrit, en outre, la construction et lamise A l’eau de douze vaisseaux de ligne par an. Il disait sanscesse que c’était pendant la paix qu’il fallait créer la marine,parce que pendant la paix le champ des manœuvres, c’est-A-dire la mer, était libre, et la voie des approvisionnementsouverte. «La première annéo d’un ministère, écrivait-il A l’a-» mirai Decrès, est une année d’apprentissage. La seconde de» votre ministère commence. Vous avez la marine française A» rétablir : quelle belle carrière pour un homme dans la force» de l’Age, et d’autant plus belle que nos malheurs passés ont» été plus en évidence! Remplissez-la sans relâche. Toutes les