RUPTURE D E LA PAIX D'AMIENS.
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lui-mème, se montrant sans gardes à la population avide dele voir. Les hommages empressés dont il était l’objet ralentis-saient sa marche. A chaque instant il trouvait sur sa route, leclergé des campagnes lui présentant l’eau bénite, les maireslui offrant les clefs de leurs villes, et lui adressant, tant à luiqu’à madame Bonaparte, les discours qu’on adressait jadis auxrois et aux reines de France. 11 était ravi de cet accueil, et sur-tout de la prospérité naissante qu’il remarquait de toute part.La ville d’Elbeuf le charma par les accroissements qu’elle avaitreçus. «Elbeuf, écrivait-il à son collègue Cambacérès, est ac-» crue d’un tiers depuis la Révolution. Ce n’est plus qu’une» seule manufacture. » Le Havre le frappa singulièrement, etil devina les grandes destinées commerciales auxquelles ceport était appelé. « Je ne trouve partout, écrivait-il encore au» consul Cambacérès, que le meilleur esprit. La Normandie» n’est pas telle que Lebrun me l’avait présentée. Elle est fran-» chement dévouée au gouvernement. Je retrouve ici l’unani-» mité de sentiments qui rendit si beaux les jours de quatre-» vingt-neuf. » Ce qu’il disait était vrai. La Normandie était par-faitement choisie pour lui exprimer les sentiments de la France.Elle représentait bien cette population honnête et sincère dequatre-vingt-neuf, d’abord enthousiaste de la Révolution, puiseffrayée de ses excès, accusée de royalisme par des procon-suls dont elle condamnait les fureurs, et enchantée maintenantde retrouver, d’une manière inespérée, l’ordre, la justice, l’é-galité, la gloire, moins, il est vrai, la liberté, dont malheu-reusement elle ne se souciait plus.
Le Premier Consul était au milieu de novembre de retourà Saint-Cloud.
Qu’on imagine un envieux assistant aux succès d’un rivalredouté, et on aura une idée à peu près exacte des sentimentsqu’éprouvait l’Angleterre au spectacle des prospérités de laFrance. Cette puissante et illustre nation avait cependant danssa propre grandeur de quoi se consoler de la grandeur d’au-
Octub. 1802.
Voyagedu PremierConsul
en Normandiedans
l’autommede leO‘‘.
Jalousiequ’inspireà l’Angleterrela prospéritéinouïe
de la France.