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LIVRE XVI.
Nov. Ifc02.
Fâcheux débatentre le
Premier Consulet le cabinetbritannique,à l’occasiondes journaux,de Georges,et des princesfrançais.
français.—Accordez-moi, disait-il, les satisfactions qui me sontdues, qu’on ne peut me refuser sans se déclarer complice demes ennemis, et je rechercherai ensuite les moyens d’accordersatisfaction à vos intérêts froissés. — Mais dans les demandesdu Premier Consul, le ministère anglais n’en trouvait aucuneà laquelle il pût faire droit. Quant à la répression de certainsjournaux, MM. Addington etHawkesbury répondaient avec rai-son : La presse est libre en Angleterre ; imitez-nous, méprisezses licences. Si vous voulez, on intentera des procès, mais àvos risques et périls, c’est-à-dire en courant la chance de pro-curer un triomphe à vos ennemis. — Quant à Georges, à Pel-lier et aux princes émigrés, M. Addington n’avait aucune ex-cuse légale à faire valoir, car l’alien-bill lui attribuait le droitde les éloigner. Il se repliait sur la nécessité de ménagerl’opinion publique en Angleterre; bien triste argument, ilfaut en convenir, à l’égard de quelques-uns des hommes donton réclamait l’expulsion.
Le Premier Consul ne se tenait pas pour battu. — D’abord,disait-il, le conseil que vous me donnez de mépriser la licencede la presse, serait bon, s’il s’agissait pour moi de mépriserla licence de la presse française en France. On comprend que,dans son propre pays, on se décide à supporter les inconvé-nients de la liberté d’écrire, en considération des avantagesquelle procure. C’est là une question tout intérieure, dans la-quelle chaque nation est juge de ce qu’il lui convient de faire.Mais on ne doit jamais souffrir que la presse quotidienne in-jurie les gouvernements étrangers, et altère ainsi les relationsd’État à État. Ce serait un abus grave, un danger sans com-pensation. Et la preuve de ce danger est dans les relationsactuelles de la France avec l’Angleterre. Nous serions en paixsans les journaux, et nous voilà presque en guerre. Votre lé-gislation est donc mauvaise relativement à la presse. Vous de-vriez tout permettre contre votre gouvernement, rien contreles gouvernements étrangers. Néanmoins je laisse de côté les