RUPTURE DE LA PAIX D AMIENS.
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empressement autour du prince de Galles, modèle des mœurset de la licence aristocratiques, et surtout de M. Fox, qui luiplaisait par la noblesse de ses sentiments, et une éloquenceincomparable. Mais le haut commerce, tout-puissant à Londreset dans les ports, ayant pour organes MM. Wyndham, Grenvilleet Dundas, couvrait la voix du reste de la nation, et animaitde ses passions la presse britannique. Aussi les gazettes deLondres commençaient-elles à devenir très-hostiles, en aban-donnant toutefois aux gazettes rédigées par les émigrés fran-çais, le soin d’outrager le Premier Consul, ses frères, ses sœurs,toute sa famille.
Malheureusement le ministère Addington était dénué de touteénergie, et se laissait aller à ce vent de la tempête qui com-mençait à souffler. Il commettait par faiblesse des actes d’unevéritable déloyauté. Il payait encore Georges Cadoudal, dontla persévérance à conspirer était connue ; il mettait à sa dispo-sition des sommes considérables pour l’entretien des sicairesdont la troupe courait sans cesse de Portsmouth à Jersey, deJersey sur la côte de Bretagne. Il continuait de souffrir la pré-sence à Londres du pamphlétaire Peltier, malgré les moyenslégaux que lui fournissait l'alien-bill; il traitait les princes exi-lés avec des égards fort naturels, mais il ne s’en tenait pas àdes égards, et les faisait inviter à des revues de troupes, enles y admettant avec les insignes de l’ancienne royauté. Il agis-sait ainsi, nous le répétons, par faiblesse, car la probité deM. Addington, délivrée des influences de parti, aurait répugnéà de tels actes. Il savait bien, en payant Georges, qu’il entre-tenait un conspirateur; mais il n’osait pas, à la face du partiWyndham, Dundas et Grenville, renvoyer, et peut-être aliénerces vieux instruments de la politique anglaise.
Le Premier Consul était profondément blessé de cette con-duite. Aux demandes réitérées d’un traité de commerce, il ré-pondait en réclamant la répression de certains journaux, l’ex-pulsion de Georges et de Peltier, l’éloignement des princes
Nuv. 1602 .
Faiblessedu ministèreAddington.