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[Vol. 2.]
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LIVRE XVI.

Nov. 1802. ce qui était si bas ! Nous avons déjà déploré cette erreur desa part, et nous ne pouvons nous empêcher de la déplorerencore, en approchant du moment où elle produisit de sifunestes conséquences.

Le Premier Consul, ne se possédant plus, se vengeait pardes réponses insérées au Moniteur, souvent écrites par lui-môme, et dont on pouvait reconnaître l’origine à une incom-parable vigueur do style. Il s’y plaignait de la complaisance duministère britannique pour le conspirateur Georges, pour lediffamateur Peltier. Il demandait pourquoi on souffrait de telshôtes, pourquoi on leur permettait de tels actes, envers ungouvernement ami, quand on avait le devoir par des traités,le moyen par une loi existante, de les réprimer. Le PremierConsul allait plus loin, et, s’adressant au gouvernement anglaislui-môme, il demandait, dans les articles insérés au Moniteur,si ce gouvernement approuvait, s’il voulait ces odieuses me-nées, ces infâmes diatribes, puisqu’il les tolérait; ou bien, si,ne les voulant pas, il était trop faible pour les empêcher. Etil en concluait qu’il n’existait pas de gouvernement, là où l’onne pouvait réprimer la calomnie, prévenir l’assassinat, pro-téger enfin l’ordre social européen.

Alors le ministère anglais se plaignait à son tour. — Cesjournaux dont le langage vous offense, disait-il, ne sont pasofficiels ; nous n’en pouvons pas répondre ; mais le Moniteur estl’organe avoué du gouvernement français ; il est d’ailleurs facilede découvrir à son langage même la source de ses inspirations.Il nous injurie tous les jours; nous aussi, et avec plus de fon-dement, nous demandons satisfaction. —

Ce sont là les tristes récriminations, dont, pendant plu-sieurs mois, furent remplies les dépêches des deux gouverne-ments. Mais tout à coup survinrent des événements plus gra-ves, qui fournirent à leurs dispositions irascibles un objet plusdangereux, il est vrai, mais au moins plus digne.

La Suisse, arrachée aux mains de l’oligarque Reding, était