RUPTURE DE LA PAIX D'AMIENS.
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tombée dans celles du landamman Dolder, le chef du parti desrévolutionnaires modérés. La retraite des troupes françaisesétait une concession faite à ce parti, afin de le rendre popu-laire, et une preuve de l’impatience qu’éprouvait le PremierConsul de se débarrasser des affaires suisses. Cependant il nerecueillit pas le fruit de ses excellentes intentions. Presque tousles cantons avaient adopté la Constitution nouvelle, et accueilliles hommes chargés de la mettre en vigueur; mais, dans lespetits cantons de Schwitz, d’Uri, d’Unlerwalden, d’Appenzell,de Claris, des Grisons, l’esprit de révolte, soufflé par M. Ite-ding et ses amis, avait bientôt soulevé le peuple des mon-tagnes. Les oligarques se flattant de l’emporter par la force,depuis la sortie des troupes françaises, avaient réuni ce peupledans les églises, et lui avaient fait rejeter la Constitution pro-posée. Ils lui avaient persuadé que Milan était assiégé par unearmée austro-russe, et que la République française était aussiprès de sa chute qu’en 1799. La Constitution rejetée, ils n’a-vaient pas pu cependant les pousser jusqu’à la guerre civile.Les petits cantons s’étaient bornés à envoyer des députés àBerne pour déclarer au ministre de France, Vcrninac, qu’ilsn’entendaient pas renverser le nouveau gouvernement, maisqu’ils voulaient se séparer de la confédération helvétique, seconstituer à part dans leurs montagnes, et revenir à leur ré-gime propre, qui était la démocratie pure. Ils demandaientmême à régler leurs nouvelles relations avec le gouvernementcentral établi à Berne, sous les auspices de la France. Natu-rellement le ministre Verninac avait dû se refuser à de tellescommunications, et déclarer qu’il ne connaissait d’autre gou-vernement helvétique que celui qui siégeait à Berne.
Dans les Grisons, il se passait des scènes tumultueuses, quirévélaient mieux que tout le reste les influences par lesquellesla Suisse était alors agitée. Au milieu de la vallée du Rhinsupérieur, que cultivent les montagnards grisons, se trouvaitla seigneurie de Bazuns, appartenant à l’empereur d’Autriche.
Nov. 1802 .
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