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[Vol. 2.]
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RUPTURE 1>E LA PAIX D AMIENS.

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La première démarche imaginée fut de transmettre unenote à Paris, pour réclamer on faveur de l’indépendance de laSuisse, et protester contre toute intervention matérielle de lapart de la France. Ce n’était pas une manière d’arrêter le Pre-mier Consul, et c’était tout simplement s’exposer à un échangede communications désagréables. Mais le cabinet Addingtonne s’en tint pas là. 11 envoya sur les lieux un agent, M.Moore,avec mission de voir et d’entendre les chefs des insurgés, dejuger s’ils étaient bien résolus à se défendre, et de leur offrir,dans ce cas, les secours pécuniaires.de l’Angleterre. Il avaitordre d’acheter des armes en Allemagne pour les leur faireparvenir. Cette démarche, il faut le reconnaître, n’était niloyale ni facile à justifier. Des communications plus sérieusesencore furent adressées à la cour d’Autriche, pour ranimersa vieille aversion contre la France, irriter chez elle le res-sentiment récent des affaires germaniques, et l’alarmer sur-tout pour la frontière des Alpes. On alla jusqu’à lui offrir unsubside de cent millions de florins (225 millions de francs),si elle voulait prendre fait et cause pour la Suisse. C’est, dumoins, l’avis que fit parvenir à Paris M. d’IIaugwitz lui-môme,qui mettait un grand soin à se tenir au courant de tout ce quipouvait intéresser le maintien de la paix. On fit une tentativemoins ouverte auprès de l’empereur Alexandre, qu’on savaitassez fortement engagé dans la politique de la Franco, parsuite de la médiation exercée à Ratisbonne. On n’en fit aucuneauprès du cabinet prussien, qui était notoirement attaché auPremier Consul, et que, par ce motif, on traitait avec réserveet froideur.

Ces démarches du cabinet britannique, quelque peu con-venables qu’elles fussent en pleine paix, ne pouvaient avoirgrande conséquence, car ce cabinet allait trouver les coursdu continent toutes plus ou moins liées à la politique du Pre-mier Consul, les unes, comme la Russie, parce qu’elles étaientprésentement associées à ses œuvres, les autres, comme la

îîov. 1802.

Embarraset faussesdémarchésdu cabinetbritannique.