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LIVRE XVI.
Nav. 1 ère. ôter à la mission du général Ney le caractère trop militairequ’elle paraissait avoir, lui conféra, au lieu du titre de géné-ral en chef, celui de ministre de France, avec les instructionsles plus précises de se conduire doucement et modérémentenvers tous les partis. 11 n’y avait d’ailleurs que six mille Fran-çais en Suisse. Le surplus était demeuré î» la frontière.
Keunicn On avait appelé è Paris des hommes appartenant à toutesdccitnrens les opinions, des révolutionnaires ardents aussi bien nue desles partis, oligarques prononcés, pourvu que ce fussent des personnagesinfluents dans le pays, et entourés de quelque considération.Les révolutionnaires de toute nuance désignés par les cantonsvinrent sans hésiter. Les oligarques refusèrent de nommer desreprésentants. Ils voulaient rester étrangers à ce qui allait sefaire à Paris, et conserver ainsi le droit de protester. Il fallutque le Premier Consul désignât lui-méme les hommes qui lesreprésenteraient. Il en choisit plusieurs, trois notamment desplus connus, MM. de Mulinen, d’Àffry, de Watteville, tousdistingués, par leurs familles, par leurs talents, par leur ca-ractère. Ces messieurs persistaient à ne pas venir. M. de Tal-leyrand leur fit comprendre que c’était de leur part un dépitmal entendu, qu’on ne les appelait pas pour les faire assisterau sacrifice des opinions qui leur étaient chères ; qu’au con-traire, on tiendrait la balance égale entre eux et leurs adver-saires ; qu’ils étaient bons citoyens, gens éclairés, et qu’ils nedevaient pas refuser de contribuer à une constitution danslaquelle on chercherait de bonne foi h concilier tous les inté-rêts légitimes, et par laquelle d’ailleurs le sort de leur patriese trouverait fixé pour long-temps. Touchés de cette invita-tion , ils eurent le bon esprit de se soustraire aux influencesde faction, et répondirent à l’appel honorable qui leur étaitadressé on se rendant immédiatement à Paris. Le PremierConsul les accueillit avec distinction, leur dit que ce qu’il sou-haitait, tous les hommes modérés devaient le souhaiter aveclui, car il voulait la constitution que la nature avait elle-même