RUPTURE DE EA PAIX D AMIENS. 11)5
donnée à la Suisse, c’est-à-dire l’ancienne, moins les inégali-tés de citoyen à citoyen, de canton à canton. Après avoir cher-ché à rassurer particulièrement les oligarques, parce que c’é-tait contre eux qu’il venait d’employer la force, il désignaquatre membres du Sénat, MM. Barthélemy, Rœderer, Fou-ché , Demeunier, les chargea de réunir les députés suisses,de conférer avec eux, ensemble ou séparément, de les amenerautant que possible à des vues raisonnables, se réservant tou-jours, bien entendu, de décider lui-méme les questions surlesquelles on ne pourrait pas arriver à se mettre d’accord.Avant que ce travail fût commencé, il reçut en audience lesprincipaux d’entre eux, qui avaient été choisis par leurs col-lègues pour lui être présentés. 11 leur adressa un discours im-provisé qui était plein de sens, de profondeur, d’originalitéde langage, et qui fut recueilli à l’instant 1 pour être transmisà la députation tout entière.
— Il faut, leur dit-il en substance, rester ce que la naturevous a faits, c’est-à-dire une réunion de petits États confédé-rés , divers par le régime comme ils le sont par le sol, atta-chés les uns aux autres par un simple lien fédéral, lien quine soit ni gênant ni coûteux. Il faut aussi taire cesser les do-minations injustes de canton à canton, qui rendent un terri-toire sujet d’un autre; il faut faire cesser le gouvernement desbourgeoisies aristocratiques, qui, dans les grandes villes, cons-tituent une classe sujette d’une autre classe. Ce sont là lesbarbaries du moyen âge, que la France, appelée à vous cons-tituer, ne peut tolérer dans vos lois. 11 importe que l’égalitévéritable, celle qui fait la gloire de la Révolution française,triomphe chez vous comme chez nous; que tout territoire, quetout citoyen, soit l’égal des autres, en droits et en devoirs.
1 Ce discours fut recueilli par plusieurs personnes; il en existe différentesversions, dont deux se trouvent aux archives des affaires étrangères. J'ai réunice qui était commun à toutes, et ce qui concordait avec les lettres écrites surce sujet par le Premier Consul.
TVuv. 1802.
Une commission du Sénatchargéede conféreravec les dé|itités suisses.
Allocutiondu PremierConsul.
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