Nov. IR02.
Dispositionscontenuesdans l’actede médiation.
11)8 LIVRE XVI.
satisfaire, en retranchant toutefois de vos lois les injusticesbarbares des temps passés. En tout, n’oubliez pas qu’il vousfaut un gouvernement juste, digne d’un siècle éclairé, con-forme à la nature de votre pays, simple, et surtout écono-mique. A ces conditions, il durera, et je veux qu’il dure; car,si le gouvernement que nous allons constituer ensemble, ve-nait à tomber, l’Europe dirait, ou que je l’ai voulu ainsi pourm’emparer de la Suisse, ou que je n’ai pas su faire mieux :or, je ne veux pas plus lui laisser le droit de douter de mabonne foi que de mon savoir. —
Tel fut le sens exact des paroles du Premier Consul. Nousne les avons changées que pour les abréger. Il était impos-sible de penser avec plus de force, de justesse, de hauteur.On mit sur-le-champ la main à l’œuvre. La constitution fédé-rale fut discutée dans la réunion de tous les députés suisses.Les constitutions cantonales furent préparées avec les députésde chaque canton, et revisées en assemblée générale. Lorsqueles passions sont apaisées, et que le bon sens prévaut, la cons-titution d’un peuple est facile à faire, car il s’agit d’écrirequelques idées justes, qui se trouvent dans l’esprit de tout leinonde. Les passions des Suisses étaient loin d’être entière-ment apaisées; mais leurs députés réunis à Paris étaient déjàplus calmes. Le déplacement, la présence d’une autorité su-périeure, bienveillante, éclairée, les avaient sensiblement mo-difiés. Et, de plus, cette autorité était là pour leur imposerces idées justes, peu nombreuses, qui doivent subsister seules,après que les orages des passions sont dissipés.
On s’arrêta aux dispositions qui suivent.
La chimère des unitaires fut écartée ; il fut convenu que cha-que canton aurait sa constitution propre, sa législation civile,ses formes judiciaires, son système d’impôts. Les cantons étaientconfédérés uniquement pour les intérêts communs à toute laconfédération, et surtout pour les relations avec les autresEtats. Cette confédération devait avoir pour représentant une