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[Vol. 2.]
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R U P T U II K DE LA PAIX D'AMIENS.

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régime fédératif vaut mieux. Il a moins de cette unité qui ose, n»v. 1802.mais il a plus de cette inertie qui résiste. 11 n’est pas vaincuen un jour comme un gouvernement central; car il réside par-tout, dans chaque partie de la confédération, lie même les mi-lices valent mieux pour vous qu’une armée permanente. Vousdevez être tous soldats le jour où les Alpes sont menacées.

Alors, l’armée permanente, c’est le peuple entier, et, dansvos montagnes, vos chasseurs intrépides sont une force res-pectable par les sentiments et par le nombre. Vous ne devezavoir de soldats payés et permanents que ceux qui vont chezvos voisins, pour y apprendre l’art militaire, et en rapporterles traditions chez vous. Une confédération qui laisse à chacunson indépendance native, la diversité de ses mœurs et de sonsol, qui soit invincible dans ses montagnes, voilà votre véri-table grandeur morale. Si je n’étais pas pour la Suisse un amisincère, si je songeais à la tenir dans ma dépendance, je vou-drais un gouvernement central qui fût réuni tout entier quelquepart. A celui-là je dirais : Faites ceci, faites cela, ou bien jepasse la frontière dans vingt-quatre heures. Un gouvernementfédératif, au contraire, se sauve par l’impossibilité même derépondre promptement; il se sauve par sa lenteur. En ga-gnant deux mois de temps, il échappe à toute exigence exté-rieure. Mais, en voulant rester indépendants, n’oubliez pasqu’il faut que vous soyez amis de la France. Son amitié vousest nécessaire. Vous l’avez obtenue depuis des siècles, et vouslui êtes redevables de votre indépendance. Il ne faut à aucunprix que la Suisse devienne un foyer d’intrigues et d’hostilitéssourdes; qu’elle soit à la Franche-Comté et à l’Alsace ce queles îles de Jersey et Guernesey sont à la Bretagne et à la Ven-dée. Elle ne le doit ni pour elle, ni pour la France. Je 11e lesouffrirai pas d’ailleurs. Je ne parle ici que de votre constitu-tion générale : là s’arrête mon savoir. Quant à vos constitu-tions cantonales, c’est à vous à m’éclairer, et à me faire con-naître vos besoins. Je vous écouterai, et je chercherai à vous