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[Vol. 2.]
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RUPTURE DE LA PAIX D’AMIENS.

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Moyennant qu’on possédât une propriété de mille livres de Nov. 1802.revenu à Berne, de cinq cents à Zurich, on devenait membrede la bourgeoisie gouvernante, et apte à toutes les fonctionspubliques. Il y avait, comme autrefois, un grand conseil chargéde faire les lois, un petit conseil chargé de veiller à leur exé-cution, un avoyer ou bourgmestre chargé des fonctions exé-cutives, sous la surveillance du petit conseil. Dans les cantonschez lesquels la nature avait fait naître des divisions adminis-tratives particulières, comme les Rhodes intérieurs et extérieursdans l’Àppenzell, les Ligues dans les Grisons, ces divisionsétaient respectées et maintenues. C’était, en un mot, l’ancienneconstitution helvétique, corrigée d’après les principes de lajustice et les lumières du temps ; c’était la vieille Suisse, restéefédérative, mais accrue des pays sujets qu’on élevait à la qua-lité de cantons, maintenue à l’état de démocratie pure, là oùla nature le voulait ainsi, à l’état de bourgeoisie gouvernante,mais point exclusive, là où la nature commandait cette forme.

Dans cette œuvre si juste, si sage, chaque parti gagnait etperdait quelque chose, gagnait ce qu’il voulait de juste, per-dait ce qu’il voulait d’injuste et de tyrannique. Les unitairesvoyaient disparaître leur chimère d’unité et de démocratie ab-solues , mais ils gagnaient l’affranchissement des pays sujets,et l’ouverture des raugs de la bourgeoisie dans les cantonsoligarchiques. Les oligarques voyaient disparaître les pays su-jets (Berne notamment perdait Argovie et Vaud), ils voyaientdisparaître le patriciat; mais ils obtenaient la suppression dugouvernement central, et la consécration des droits de la pro-priété dans les villes riches, telles que Zurich, Bâle et Berne.

Cependant l’œuvre restait incomplète si, en arrêtant la choix

L îles personnes

forme des institutions, on n’arrôtait pas en mémo temps le (1 c echoix des personnes appelées à la mettre en vigueur. En pré-sentant la Constitution française en l’an vm, la Constitution e “ v ' suei11 ’italienne en l’an x, le Premier Consul avait désigné, dans laConstitution même, les hommes chargés des grandes fonctions