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LIVRE XVI.

Nov. 1802. un nouvel acte de puissance morale, semblable à ceux que lePremier Consul avait accomplis en Allemagne et en Italie, maisplus habile, plus méritoire encore, s’il est possible, car l’Eu-rope y était à la fois bravée et respectée : bravée jusqu’où levoulait l’intérét de la France, respectée dans ses intérêts lé-gitimes , qui étaient l’indépendance et la neutralité du peuplesuisse.

La Russie félicita vivement le Premier Consul d’avoir menéà si prompte et si bonne fin une affaire aussi difficile. Le ca-binet prussien, par la bouche de M. d’IIaugwitz, lui exprimason opinion dans les termes de la plus chaleureuse approba-tion. L’Angleterre était stupéfaite, embarrassée, comme privéed’un grief dont elle avait fait grand bruit.

ÏMsenasions Le Parlement, si redouté par MM. Addington et Ilawkesbury,

au i'arlttmeut *11/ . .. ,

U’Aii«ieterre venait (le dépenser en vives discussiqns le temps que le Pre-

Mir

eo qui vient mier Consul avait employé à constituer la Suisse. Ces discus-

île ne passer 1 “

eu Suisse sions avaient été orageuses, brillantes, dignes surtout d’ad-miration, quand M. Fox avait fait entendre la voix de lajustice et de l’humanité contre l’ardente jalousie de ses com-patriotes. Elles avaient révélé sans doute l’insuffisance du ca-binet Addington, mais aussi tellement fait ressortir la violencedu parti de la guerre, que ce parti était momentanémentaffaibli dans lo Parlement, et M. Addington un peu renforcé.Avec ce ministre la paix recouvrait quelques-unes de seschances perdues.

C’était le discours de la couronne, prononcé le 23 novembre,qui était devenu le thème de ces discussions. — « Dans mes# relations avec les puissances étrangères, avait dit Sa Majesté» Britannique, j’ai été jusqu’à présent animé du désir sincère» de consolider la paix. 11 m’est néanmoins impossible de per-» dre do vue, un seul instant, le sage et antique système de«politique qui lie intimement nos propres intérêts aux in-atéréts îles autres nations. Je ne puis donc être indifférent a» tout changement qui s’opère dans leur force, et dans leur