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LIVRE XVI
Mai iso3. au dépôt qu’il s’agissait de remettre en ses mains. Cependantles ministres anglais voulurent se réserver une dernière chanced’obtenir Malte, et imaginèrent un expédient qui n’était pasacceptable. Jugeant le Premier Consul d’après eux-mémes, ilscrurent qu’il ne refusait Malte que par crainte de l’opinion pu-blique. Ils proposèrent donc, en ajoutant quelques articles pa-tents au traité d’Amiens, de rejeter dans un article secretl’obligation de laisser les troupes anglaises à Malte. Les articlespatents devaient dire que la Suisse et la Hollande seraient im-médiatement évacuées, que le roi de Sardaigne recevrait uneindemnité territoriale, que les Anglais obtiendraient l’ile deLampedouse, et, en attendant, resteraient à Malle. L’articlesecret devait dire que leur séjour à Malte durerait dix ans.
Cette réponse, délibérée le 7 mai, expédiée le môme jour,arriva le 9 à Paris. Le 10, lord Wilhvvorth la communiquapar écrit à M. de Talleyrand, qu’il ne put voir, parce que ceministre était retenu auprès du Premier Consul, malade par
Le Premier suite d’une chute de voiture. Quand on lit à celui-ci la propo-
l'onsiil rejette .... . . ... ,
riiiee d’un sition d un article secret, il la repoussa fièrement, et n’en vou-
article secret.
lut entendre parler à aucun prix. A son tour il imagina undernier expédient, et qui était une manière adroite de main-tenir les deux ambitions nationales en équilibre, tant sous lerapport des avantages réels que sous le rapport des avantagesapparents. Cet expédient consistait à laisser les Anglais à Malte,un espace de temps indéterminé, mais à condition que lesFrançais, pendant le môme espace de temps, occuperaient legolfe de Tarente. Il y avait à cela d’assez grands avantages decirconstance. Les ministres anglais gagnaient cette espèce degageure qu’ils avaient faite, d’obtenir Malte ; les Français occu-paient une position égale sur la Méditerranée ; bientôt toutes lespuissances devaient être tentées d’intervenir, et s’elforcer defaire sortir les Anglais de Malle pour que les Français sortissentdu royaume do Naples. Cependant le Premier Consul ne voulaitproposer ce nouvel arrangement que s’il avait l’espoir de le