CAMP DE BOULOGNE.
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Napoléon fut successivement amené de la première de ces Juin isojentreprises à la seconde ; par quel enchaînement de prodigesil approcha d’abord du but, presque jusqu’à l’atteindre; parquelle combinaison de fautes et de malheurs il s’en éloignaensuite, et finit par succomber. Heureusement, avant d’en ar-river à ce terme déplorable, la France a fait de telles choses,qu’une nation à qui la Providence a permis de les accomplir,reste éternellement glorieuse, et peut-être la plus grande desnations.
Ce sont là les proportions que devait prendre inévitable-ment cette guerre entre la France et la Grande-Bretagne. Elleavait été, de 1792 à 1801, la lutte du principe démocratiquecontre le principe aristocratique; sans cesser d’avoir ce ca-ractère, elle allait devenir, sous Napoléon, la lutte d’un élé-ment contre un autre élément, avec bien plus de difficultépour nous que pour les Anglais ; car le continent entier, parhaine de la révolution française, par jalousie de notre puis-sance, devait haïr la France beaucoup plus que les neutresne détestaient l’Angleterre.
Avec son regard perçant, le Premier Consul aperçut bientôt Napoléonla portée de cette guerre, et il prit sa résolution sans hésiter, de tenterIl forma le projet de franchir le détroit de Calais avec une e “ An siuterrc.armée, et de terminer dans Londres même la rivalité desdeux nations. On va le voir pendant trois années consécu-tives, appliquant toutes ses facultés à cette prodigieuse entre-prise , et demeurant calme, confiant, heureux même, tant ilétait plein d’espérance, en présence d’une tentative qui devaitle conduire, ou à être le maître absolu du monde, ou à s’en-gloutir , lui, son armée, sa gloire, au fond de l’Océan.
On dira peut-être que Louis XIV et Louis XVI n’avaient . .Quelles
x 1 étaient les for-
pas été réduits à de telles extrémités pour combattre l’Angle-terre, et que de nombreuses flottes se disputant les plaines tme eif iimde l’Océan, y avaient suffi. Mais nous répondrons qu’aux dix-septième et dix-huitième siècles, l’Angleterre n’avait pas en-