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LIVRE XVII.
Juin 1803.
Ordres pourrearmersur-le-champles 50 vais-seaux dontla France peutdisposer.
Ktnploi des 50vaisseauxîle la marinefrançaise,dans les plansdu PremierConsul.
bien de restaurer la marine française, mais en essayant néan-moins une tentative plus .directe pour frapper l’Angleterre. Enconséquence il ordonna de nombreuses constructions à Fles-singue, dont il disposait par suite de son pouvoir sur la Hol-lande; à Anvers, qui était devenu port français; à Cherbourg,à Brest, à Lorient, à Toulon, enfin à Gènes, que la France oc-cupait au même titre que la Hollande. 11 fit réparer et armer22 vaisseaux à Brest ; il en fit achever 2 à Lorient ; réparer,mettre à flot et armer 5 à La Rochelle. Il réclama" de l’Es-pagne les moyens de radouber et de ravitailler l’escadre enrelâche à la Corogne, et envoya de Bayonne tout ce qu’il étaitpossible de lui faire parvenir par la voie de terre, en hommes,en matériel et en argent. 11 prit les mêmes précautions pourle vaisseau en relâche à Cadix. Il ordonna l’armement de laHotte de Toulon, qu’il voulait composer de 12 vaisseaux. Cesdivers armements, joints à 3 ou 4 vaisseaux hollandais, de-vaient, comme nous l’avons dit, porter à 30 environ les forcesde la France, sans compter ce qu’on pouvait obtenir plus tarddes marines hollandaise et espagnole, sans compter ce qu’onpouvait construire dans les ports de France, et armer avecun mélange de matelots et de soldats de terre. Cependant lePremier Consul ne se flattait pas, avec de telles forces, de re-conquérir en bataille rangée la supériorité ou même l’égalitémaritime à l’égard de l’Angleterre; il voulait s’en servir pourtenir la mer, pour aller aux colonies et en revenir, pour s’ou-vrir pendant quelques instants le détroit de Calais, par desmouvements d’escadres dont on jugera bientôt la profondecombinaison.
C’est vers ce détroit que se concentrèrent tous les effortsde son génie. Quels que fussent les moyens de transportsimaginés, il fallait d’abord une armée, et il forma le projetd’en composer une, qui ne laissât rien à désirer sous le rap-port du nombre et de l’organisation.; de la distribuer en plu-sieurs camps, depuis le Texel jusqu’aux Pyrénées, et de la