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[Vol. 2.]
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au J'oxel, dans l’Escaut, nu lièvre, à Cherbourg, a Brest, àToulon, à Cènes. 11 songeait à comprendre un certain nombrede soldais de terre dans la composition de scs équipages, età racheter par ce moyen l’infériorité de notre population ma-ritime. 11 avait été le premier à s’apercevoir qu’un vaisseau,monté par 600 bons matelots et i ou 300 hommes de terrebien choisis, tenu sous voile pendant doux ou trois années,exercé aux manœuvres et au tir, était capable de se mesureravec tout vaisseau quelconque. Mais, en employant ces moyenset d’autres encore, il lui aurait fallu dix années, disait-il, pourcréer une marine. Or, il ne pouvait pas attendre dix ans, lesbras croisés, que sa marine, courant les mers par petits déta-chements, se fût rendue digne d’entrer en lutte avec la marineanglaise. Employer dix ans à former une flotte, sans rien exé-cuter de considérable dans l’intervalle, eût été un long aveud’impuissance, désolant pour tout gouvernement, plus déso-lant pour lui, qui avait fait sa fortune, et qui devait la conti-nuer, en éblouissant le monde. 11 devait donc, tout en s'appli-quant à réorganiser notre armée navale, tenter audacieuse-ment le passage du détroit, et se servir eu même temps de lacrainte qu'inspirait son épée, pour obliger l’Europe à fermerà l’Angleterre les accès du continent. Si, à son génie d’exécu-tion pour les grandes entreprises, il joignait une politique ha-bile, il pouvait, par ces moyens réunis, ou détruire d’un seulcoup, à Londres même, la puissance britannique, ou la ruinerà la longue en ruinant son commerce.

beaucoup de ses amiraux, notamment le ministre Décrûs,lui conseillaient une lente recomposition de notre marine, con-sistant à former de petites divisions navales, et à les fairecourir sur les mers, jusqu’à ce qu’elles fussent assez habilespour manœuvrer en grandes escadres ; et, en attendant, ilsl’exhortaient à s’en. tenir là, regardant comme douteux tousles plans imaginés pour franchir la Manche. Le Premier Consulne voulut point s’enchaîner à de telles vues; il se proposa

Juin 1803.

Le PremierConsul nerenonce pus àréorganiserla mArinefranyai.se ,mais il se dé-cidé à la des-cente commeau moven leplus prompt.

Beaucoupd'amiraux nepartagent pasl’avis du Premier Consulsur la possi-bilité

de franchirle détroit.