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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Juin 1803.

Le PremierConsul veutse transportersur les eûtes<le l'Ocean 1 ,pour arrêterle plan

«le la descente,mais il attendque les con-structionsnavales soientplus

avancées.

En attendantil s’occuped'assurer6es moyensde finances etses relationsavec les Etatsdu continent.

Moyens finan-ciers imaginéspour faire faceà la nouvelleguerre.

de transport, pour faire passer cette armée de Calais à Dou-vres. Le Premier Consul n’avait pas encore définitivement ar-rêté ses idées à cet égard. Une seule chose était fixée défini-tivement , d’après une longue suite d’observations, c’était laforme des constructions navales. Des bâtiments à fond plat,pouvant s’échouer, aller à la voile et à la rame, avaient paruà tous les ingénieurs de la marine le moyen le plus adapté autrajet, outre l’avantage de pouvoir être construits partout,même dans le bassin supérieur de nos rivières. Mais il restaità les réunir, à les abriter dans les ports convenablement pla-cés, à les armer, à les équiper, à trouver enfin le meilleursystème de manœuvres, pour les mouvoir avec ordre devantl’ennemi. Il fallait pour cela se livrer à une suite d’expérienceslongues et difficiles. Le Premier Consul avait le projet de s’é-tablir de sa personne à Boulogne, sur les bords de la Manche,d’y vivre assez souvent, assez longuement, pour étudier leslieux, les circonstances de la mer et du temps, et organiserlui - même, dans toutes ses parties, la vaste entreprise qu’ilméditait.

En attendant que les constructions ordonnées dans toute laFrance, fussent assez avancées pour que sa présence sur lescôtes pût être utile, il s’occupait à Paris de deux soins essen-tiels , les finances et les relations avec les puissances du con-tinent ; car il fallait, d’une part, suffire aux dépenses del’entreprise, et, de l’autre, avoir la certitude de n’ôtre pastroublé pendant l'exécution, par les alliés continentaux del’Angleterre.

La difficulté financière n’était pas la moindre des difficultésque présentait le renouvellement de la guerre. La Révolutionfrançaise avait dévoré, sous la forme d’assignats, une masseimmense de biens nationaux, et abouti à la banqueroute. Lesbiens nationaux étaient presque épuisés, et le crédit était ruinépour long-temps. Pour sauver do l’aliénation les 400 millionsde biens nationaux restant en 1800, on les avait répartis entre