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LIVRE XVII.
Juin 1803. amical, à condition qu’elle laisserait libre la navigation del’Elbe et du Weser. D’autre part, il avait offert au PremierConsul de garder le Hanovre pour le compte de la France, enversant dans le trésor français les revenus du pays. Ce doublezèle, témoigné aux deux puissances, avait pour but, première-ment de sauver la navigation de l’Elbe et du Weser des ri-gueurs de l’Angleterre, secondement d’épargner au nord del’Allemagne la présence des Français. Ces deux intérêts étaientpour la Prusse des intérêts majeurs. C’était par l’Elbe et Ham-bourg, par le Weser et Brême, que s’exportaient tous les pro-duits de son territoire. Les toiles de Silésie, qui composaientsa plus grande richesse d’exportation, étaient achetées parHambourg et Brème, échangées en France contre des vins, eten Amérique contre des denrées coloniales. Si les Anglais blo-quaient l’Elbe et le Weser, tout ce commerce était perdu. L’in-térél de n’avoir pas les Français dans le nord de l’Allemagne,n’était pas moindre. D’abord leur présence inquiétait la Prusse.Ensuite elle lui valait d’amers reproches de la part des princesallemands, formant sa clientèle en empire. Ils lui disaient que,liée à la France par des raisons d’ambition, elle abandonnaitla défense du sol germanique, et contribuait même, par salâche complaisance, à y attirer l’invasion étrangère. Us allaientjusqu’à soutenir qu’elle était, par le droit germanique, obligéed’intervenir pour empêcher les Français d’occuper le Hanovre.Ces princes avaient tort assurément, d’après les principes ri-goureux du droit des gens, car les États allemands, quoiqueattachés les uns aux autres par un lien fédératif, avaient ledroit individuel de paix et de guerre, et pouvaient être, cha-cun pour leur compte, en paix ou en guerre avec une puis-sance, sans que la confédération se trouvât avec cette puis-sance dans les mêmes rapports. H eût été étrange, en effet,que le roi Georges 111 pût se dire en guerre pour l’Angleterre,qui est inaccessible, et se dire en paix pour le Hanovre, quine l’est pas. Cette manière d’entendre le droit public eût été