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LIVRE XVII.
Juin 1803 . (J u département de l’intérieur. Ces huit ministres devaient dé-libérer en commun sur toutes les affaires de l’État, et rendreau Sénat des comptes annuels. C’était un premier change-ment considérable que défaire délibérer les ministres, plusgrand encore de leur faire rendre des comptes au Sénat. L’em-pereur Alexandre considérait ces changements comme un ache-minement vers les institutions des pays libres et civilisés. Toutoccupé de ces réformes intérieures, il fut péniblement affectéde se voir rappelé dans le champ immense et périlleux de lapolitique européenne, et en montra un sensible déplaisir auxreprésentants des deux puissances belligérantes. 11 était mé-content de l’Angleterre, dont les prétentions outrées, dont lamauvaise foi évidente dans l’affaire de Malte, troublaient denouveau l’Europe; il était mécontent aussi de la France, maispar d’autres motifs. La France n’avait pas tenu grand comptede la demande si souvent réitérée d’une indemnité pour le roide Piémont ; de plus, en accordant une influence apparente àla Russie dans les affaires germaniques, elle s’était trop clai-rement arrogé l’influence réelle. Le jeune empereur s’en étaitaperçu. Fort jaloux, tout jeune qu’il était, de faire parler delui, il commençait à voir avec une sorte de déplaisir la gloiredu grand homme qui dominait l’occident. La disposition de lacour de Russie était donc un mécontentement général contretout le monde. L’empereur, délibérant avec ses ministres etses amis, décida qu’on offrirait la médiation de la Russie, in-voquée assez ouvertement par la France; qu’on essayerait parlà de prévenir un embrasement universel; qu’en même tempson dirait la vérité à tous ; qu’on ne dissimulerait pas à l’An-gleterre combien ses prétentions sur Malte étaient peu légi-times , et qu’on ferait sentir au Premier Consul la nécessité des’acquitter enfin envers le roi de Piémont, et de ménager pen-dant cette nouvelle guerre les petites puissances, qui compo-saient la clientèle de la cour de Russie.
En conséquence, par l’organe de M. de Woronzoff parlant