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[Vol. 2.]
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CAMP DE BOULOGNE.

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au général Hédouville, par l’organe de M. de Markoff parlantà M. de Talleyrand, le cabinet russe exprima son vif déplaisirdu nouveau trouble apporté à la paix générale par les ambi-tions rivales de la France et de l’Angleterre. Il reconnut queles prétentions de l’Angleterre sur Malte étaient mal fondées,mais il fit entendre que les entreprises continuelles de la Franceavaient pu faire naître ces prétentions, sans les justifier ; et ilajouta que la France ferait bien de modérer son action en Eu-rope , si elle ne voulait pas rendre la paix impossible à toutesles puissances. Il offrit la médiation de la Russie, quelque pé-nible qu’il fût pour elle de se mêler à des différends qui, luiétant étrangers jusqu’ici, finiraient peut-être, si elle s’en mê-lait, par lui devenir personnels. Il conclut, en disant que, si,malgré sa bonne volonté, ses efforts pour rétablir la paix de-meuraient sans succès, l’empereur espérait que la France mé-nagerait les amis de la Russie, spécialement le royaume deNaples, devenu son allié en 1798, et le royaume de Hanovre,garanti par elle à titre d’État allemand. Tel fut le sens descommunications du cabinet russe.

La jeunesse élevée dans la dissipation est ordinairement lé-gère dans son langage; la jeunesse élevée d’une manière sé-rieuse est volontiers dogmatique; car ce qu’il y a de plus dif-ficile à la jeunesse, c’est la mesure. C’est là ce qui expliquecomment les jeunes gouvernants de la Russie donnaient desleçons aux deux plus puissants gouvernements du globe, l’unmené par un grand homme, l’autre par de grandes institutions.Le Premier Consul en sourit, car depuis long-temps il avaitdeviné tout ce qu’il y avait d’inexpérience et de prétentiondans le cabinet russe. Mais, sachant se dominer dans l’intérêtde ses vastes desseins, il ne voulut pas compliquer les affairesdu continent, et faire naître sur le Rhin une guerre qui l’eûtdétourné de celle qu’il préparait sur les bords de la Manche.Recevant, sans paraître s’en apercevoir, les leçons qui lui ve-naient de Saint-Pétersbourg, il résolut de couper court à tous

Juin 1803.

Commnnica-

tions

de la "Russie àla Franceet à

l’Angleterre.

Accueil faitpar le PremierConsul

aux communi-cationsde la Russie.