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[Vol. 2.]
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CAMP DE BOULOGNE.

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Mais le cas d’une grande escadre française amenée entreCalais et Douvres, dépendait de si difficiles combinaisons,qu’on devait y compter le moins possible. Il fallait même con-struire la flottille de transport, de telle façon qu’elle pût, enapparence au moins, se passer de toute force auxiliaire; cars’il eût été démontré par sa construction, qu’il lui était im-possible de tenir la mer sans une escadre de secours, le se-cret de cette grande opération eût été sur-le-champ livré auxennemis. Avertis, ils auraient concentré toutes leurs forcesnavales dans le détroit, et prévenu toute manœuvre des esca-dres françaises tendant à s’y rendre.

Aux considérations tirées de la nature des vents et de lamer, dans le détroit, se joignaient les considérations tirées dela forme des côtes. Les ports français du détroit étaient tousdes ports d’échouage, c’est-à-dire restant à sec à la maréebasse, et ne présentant pas un fond de plus de huit ou neufpieds à marée haute. Il fallait donc des bâtiments qui n’eus-sent pas besoin, quand ils étaient chargés, de plus de septà huit pieds d’eau pour flotter, et qui pussent supporter l’é-chouage sans on souffrir. Quant au rivage d’Angleterre, lesports situés entre la Tamise, Douvres, Folkstone et Brighton,étaient fort petits ; mais, quels qu’ils fussent, il fallait, pouropérer un si vaste débarquement, se jeter tout simplementà la côte, et, pour ce motif encore, des bâtiments propres àI’échouage. C’étaient là les diverses raisons qui avaient faitadopter des bateaux plats, pouvant marcher à l’aviron, afinde passer, soit en calme, soit en brume ; pouvant porter dugros canon, sans tirer plus de sept ou huit pieds d’eau, afinde se mouvoir librement dans les ports français de la Manche,afin d’échouer, sans se briser, sur les plages d’Angleterre.

Pour satisfaire à ces conditions réunies, on imagina de gros-ses chaloupes canonnières, à fond plat, solidement construites,et de deux espèces diverses, pour répondre à deux besoinsdifférents. Les chaloupes de la première espèce, qu’on appela

Juillet 1803.

Formetles rivageset des portsde* la Manche.

La formedes bâtimentsà employerde'duiteîles

circonstances

locales.

Trois espècesde

bâtiments.