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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Juillet 1803.

L’idéedes bateauxplats

généralementadmisepour passerde Calaisà Douvres.

Calmes en été,brumesen hiver,égalementpropresau passage.

pas eu sur la côte opposée, à moins de se détourner beaucoup,un seul port où ils pussent aborder. L’idée de petits bâtiments,vu le trajet, vu la nature des ports, s’était donc toujours of-ferte à tous les esprits. D’ailleurs ces petits bâtiments suffi-saient pour les circonstances de mer qu’on était exposé à ren-contrer. De longues observations, recueillies sur les côtes,avaient conduit à découvrir ces circonstances, et à déterminerles bâtiments qui s’y adaptaient le mieux. En été, par exem-ple, il y a dans la Manche des calmes presque absolus, et as-sez longs, pour qu’on puisse compter sur 48 heures du mômetemps. Il fallait à peu près ce nombre d’heures, non pour pas-ser , mais pour faire sortir des ports l’immense flottille dontil s’agissait. Pendant ce calme, la croisière anglaise étant con-damnée à l’immobilité, des bâtiments construits pour marcherà la rame comme à la voile, pouvaient passer impunément,même devant une escadre ennemie. L’hiver avait aussi sesmoments favorables. Les fortes brumes de la saison froide, serencontrant avec des vents ou nuis ou faibles, offraient encoreun moyen de faire le trajet en présence d’une force ennemie,ou immobile, ou trompée par le brouillard. Restait enfin unetroisième occasion favorable, c’était celle qu’offraient les équi-noxes. Il arrive souvent qu’après les ouragans de l’équinoxe,le vent tombe tout à coup, et laisse le temps nécessaire pourfranchir le détroit, avant le retour de l’escadre ennemie, obli-gée par la tempête à prendre le large. C’étaient là les circon-stances universellement désignées par les marins vivant surles bords de la Manche.

11 y avait un cas dans lequel, en toute saison, quel que fûtle temps, à moins d’une tempête, on pouvait toujours franchirle détroit; c’était celui où, par d’habiles manœuvres, on auraitamené, pour quelques heures, une grande escadre de lignedans la Manche. Alors la flottille, protégée par cette escadre,pouvait mettre à la voile, sans s’inquiéter de la croisière en-nemie.