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LIVRE XVII.
Juillet 1803.
Création Jequais en hois.
vières entraînent, ramassés par la mer et ramenés en facedes embouchures, forment des bancs ou barres, qui gênentla navigation. Pour vaincre cet obstacle, on élève alors dansle lit des rivières des écluses, qui s’ouvrent devant la maréemontante, recueillent l’abondance des eaux, retiennent cetteabondance en se refermant à la marée descendante, et ne lalaissent échapper qu’au moment où l’on veut faire la chasse.Ce moment venu, et l’on choisit celui de la basse mer, onouvre l’écluse : l’eau se précipite dans la rivière, et, chassantles sables par ce débordement artificiel, creuse un chenal oupassage. C’est là ce que les ingénieurs appellent des éclusesde chasse, et ce qu’on se hâta de construire dans le bassin su-périeur de la Liane.
Vingt mille pieds d’arbres abattus dans la forêt de Boulogneservirent à garnir de pieux les deux bords de la Liane, et lepourtour du bassin demi-circulaire. Une partie de ces piedsd’arbres, sciés en gros madriers, puis étendus en planchersur ces pieux, servirent à former de larges quais, le long dela Liane et du bassin demi-circulaire. Les nombreux bâtimentsde la flottille pouvaient ainsi venir se ranger contre ces quais,pour embarquer ou débarquer les hommes, les chevaux et lematériel.
La ville de Boulogne était placée à la droite de la Liane, lebassin à la gauche, et presque vis-à-vis. La Liane s’étendaitlongitudinalement entre deux. Des ponts furent construits pourcommuniquer facilement d’une rive à l’autre, et placés au-dessus du point où commençait le mouillage.
Ces vastes travaux étaient loin de suffire. Un grand établis-sement maritime suppose des ateliers, des chantiers, des ma-gasins, des casernes, des boulangeries, des hôpitaux, tout cequ’il faut enfin pour abriter de grands amas de matières, pourrecevoir des marins sains ou malades, pour les nourrir, lesvêtir, les armer. Qu’on se figure tout ce qu’ont coûté de tempset d’efforts des établissements tels que ceux de Brest et de