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LIVRE XVII.
Août 1803.
Conditionsde rapproche-ment avecl’Angleterre,imaginéespar la Russie.
Le PremierConsulles repousse.
position de la manière la plus claire. La Russie déclarait qu’àson avis l’Angleterre devait rendre Malte à l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem ; mais qu’en retour il était convenable dolui accorder l’ile de Lampedousc ; que la France devait enoutre fournir une indemnité au roi de Sardaigne, reconnaîtreet respecter l’indépendance des États placés dans son voisi-nage , évacuer pour n’y plus rentrer, non-seulement Taranteet le Hanovre, mais le royaume d’Étrurie, la République ita-lienne, la Suisse et la Hollande.
Ces conditions, acceptables sous quelques rapports, étaientcomplètement inacceptables sous tous les autres. ConcéderLampedouse en compensation de Malte, c’était donner auxAnglais le moyen de faire avec do l’argent, dont ils ne man-quaient jamais, un second Gibraltar dans la Méditerannée. LePremier Consul avait été près d’y consentir pour garder lapaix. Lancé maintenant dans la guerre, plein d’espérance deréussir, il ne voulait plus faire un tel sacrifice. Indemniser leroi de Piémont n’était pas pour lui une difficulté ; il était dis-posé à consacrer à cet objet Parme ou un équivalent. ÉvacuerTarente et le Hanovre la paix rétablie, était une suite naturellede la paix même. Mais évacuer la République italienne qui .n’avait point d’armée, la Suisse, la Hollande, qui étaient me-nacées d’une contre-révolution immédiate si les troupes fran-çaises se retiraient, c’était lui demander de livrer aux enne-mis de la France les États dont on avait acquis le droit dedisposer, par dix ans de guerres et de victoires. Le PremierConsul ne pouvait adhérer à de telles conditions. Ce qui ledécidait plus souverainement encore à ne pas laisser conti-nuer cette médiation, c’était la forme sous laquelle on l’offrait.Le Premier Consul avait consenti à un arbitrage suprême,absolu et sans appel, du jeune empereur lui-même, carc’était intéresser l’honneur de ce monarque à être juste, et sedonner de plus la certitude d’en finir. Mais s’en remettre à lapartialité des agents russes, tous dévoués à l’Angleterre,